Bookcamp, 1 – 14 juin 08, souvenirs et suite

Alain Pierrot, pour le jazz

A la veille de l’été, passage des Panoramas, entre les rues Feydeau et Montmartre, une centaine de personnes se retrouvent à La Cantine. Pas de bruit, juste quelques annonces en ligne, et nous voilà dans un dédale piéton de boutiques, restaurants, cafés. Sans ombres, sous une douce lumière, un labyrinthe qui plairait à Walter Benjamin. Hubert Guillaud nous accueille au coeur de Paris, le Paris de Balzac, des théâtres, du XIXe siècle. Pourtant, c’est au XXIe siècle qu’Hubert nous convie.

Arrivée par les grands boulevards, je me hasarde dans le passage. Ils sont là, réunis autour d’une table, les inconditionnels: Hubert, Alain, Pierre, Virginie, Isabelle, Hadrien, j’en oublie… [Je crois que c’est la première fois que chaque nom s’associe forcément à un site.]

Sur le tableau peint à même le mur, Hubert a inscrit le programme. La première chose qu’on se dit, c’est qu’on reviendra.

Ensuite on est pris dans le tourbillon des ateliers. Tous nous appellent. Il faut choisir. Après mon intervention autour de la commercialisation du livre grâce au Net, Virginie m’invite. Elle vient de parler, fort bien, de l’édition en ligne pour l’édition papier. Je montre le site des Tigres – commande de Zulma – en construction pour accompagner le livre à paraître le 21 août. Certains d’entre vous l’ont vu. Ont pu voir ce que donnait le dynamisme d’une édition numérique conçue pour accompagner un livre et son lancement en librairie. Je n’en parlerai pas davantage. Zulma ne m’en donne pas le droit puisque, non seulement ce travail n’a pas été rémunéré, mais une lettre d’avocat me demande instamment de supprimer toute référence et toute adresse pour un site qui selon l’avocat n’est que de la contrefaçon. Pas moyen de me défendre car pas de contrat (toujours remis par l’éditeur… à cause des délais de fabrication), promesse orale de droits numériques évaporée et pas le budget oralement convenu. Rien. Bel apprentissage de la vie et de la société dans laquelle nous vivons. Que cela serve.

Dont acte. A leur demande, tous les liens vers le site de l’auteur et de l’éditeur papier ont été supprimés. Sur Remue et ici. Ils ne veulent pas être connus, soit. Ceux qui ont vu le site des Tigres ont eu de la chance. Ils ont pu apprécier à leur juste valeur le remarquable travail de Jean-Marc Destabeaux et de Yoan De Roeck. Qu’ils en soient ici remerciés. J’aurais aimé leur offrir davantage. Des nuits claviers perdues… Un bon moyen de communication autour du livre, qui aurait pu servir les ventes en librairie, et qui aurait certainement aidé à écouler les 10 000 exemplaires tirés. Drôle de fin… Mais qui est un symptôme de la maladie dont souffre une certaine édition.

Cette maladie où l’on a peur de donner pour se faire connaître. Où la connaissance fait peur. Le maraîcher fait goûter ses melons. Le pêcheur utilise une partie de sa pêche pour appâter d’autres poissons. Or mettre en ligne le début d’un chapitre n’est pas appâter le chaland pour un livre tel que les Tigres. Ce livre demandait mieux, demandait plus. Il est un opéra qui dépend d’une machinerie. La machinerie existait. Elle aurait pu être visible, publique, pour donner envie de connaître l’opéra. L’éditeur, en l’occurence, n’a donné aux Tigres que du papier. Labyrinthique, la maison des Tigres s’est tout simplement perdue dans le dédale de l’édition. Un titre de plus sans un rugissement. Ils ont visé un acte de vente. Sans risque. Sans envergure. Sans vision. En toute connaissance de cause.

Le beau Bookcamp 1 est loin maintenant. La lettre moche de l’avocat aussi, bientôt. L’été a fait son oeuvre bienfaisante. Après Dédale, on reprend le taureau par les cornes. Ariane est en route… Les manuscrits sont les bienvenus si et seulement si vous êtes absolument convaincus par l’édition en ligne. Les envoyer à ck@amontour.net qui lira, et répondra. Les contrats sont ad hoc. Il est possible que la maison d’édition change de nom. Le blog restera.

Les amis, désolée de ce contretemps. A vous,

Constance Krebs, 31 août 2008.

Hadrien GardeurMalo Girod de L\'Ain et David Douyère


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