Jour des morts

Le jour le plus triste de l’année avec le jour de Noël, peut-être… A l’Ile-Bouchard, seul bled où j’ai jamais vu pareille chose, on y fait la fête, avec flon-flon et brocante, en général. Ailleurs, il fait gris et humide, le jour baisse vite. On allume le feu. Bref, c’est le moment ou jamais de donner naissance à un projet de longue date.

Le projet

Une thèse, qui va s’élaborer en ligne, sous les yeux des uns et des autres, de l’auteur du texte étudié, du directeur de thèse, des critiques, et des amis. Du moins je l’espère. Le fantasme des lecteurs, déjà, pointe.

Le projet consiste à mettre le nez dans les difficultés, les joies, l’atelier d’un blogueur. Pour ça, pas besoin d’aller chercher loin : suffit d’ouvrir le capot de son ordi, d’appuyer sur une touche et de jouer deux ou trois clics avec ce qu’on appelle communément une souris – et en route.

Pourquoi? (la gestion des fines insécables n’est pas parfaite, à soigner)

Parce que le texte étudié est celui d’un blogueur averti, écrivain confirmé, qui a jeté son Tumulte dans la Toile comme on plonge, écrivant dans le train, dans son garage, dès qu’il avait une heure, ou deux. Parce que quand j’ai vu ça, ce trou qui s’ouvrait et se remplissait, et tissait une toile, et des liens, photos, citations, plans lancés comme des lignes – et finalement, qu’il risquait d’en sortir quelque chose, de ces quelques textes quotidiens. Peut-être même qu’il risquait d’en sortir un roman, ou supposé tel. Du moins le bonhomme pouvait prétendre à ça.

Parce que l’édition qui me tient lieu de métier, telle que, ne me satisfait pas. Parce que faire un livre en papier équivaut pour moi à un travail à la chaîne. Pas tout à fait, on travaille à façon, mais quand même. J’ai rarement eu la chance de travailler pour des éditeurs qui publient des textes qui me plaisent. Dans ce cas, coordonner les compétences de chacun pour la bonne mise en page d’un livre est vite répétitif.

Parce que, dans la maison de mon enfance, j’ai rencontré un éditeur qui avait une vision sur l’édition. Jean-Pierre Arbon a été l’un des premiers à proposer d’éditer des livres de trois manières différentes : imprimés sur du papier, mis en ligne sur Internet, et importés sur un livre électronique. Cinq ans chez 00h00 (zéro heure) m’ont réconciliée avec l’édition. Extraordinaire.

Parce que depuis on n’a jamais tenté ce genre d’expérience. Et que Tumulte me permet, enfin, d’envisager l’édition en fonction du mouvement du Net, de la réactivité des lecteurs, de la lumière de l’écran (fondu au noir). Et de voir comment se tissent, en direct, l’écriture et l’édition d’un roman de mai 2005 à juin 2006.

ck


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