Embrayer la lecture

L’écriture en ligne a cela de commun avec la parole, c’est que parfois, elle s’envole. J’ai voulu développer, clarifier un article que j’avais écrit sur la lecture – et pfff, il a disparu. Heureusement, la Revue des Ressources en a publié la mouture d’origine. Je remercie doublement Laurent Margantin, Bernard Gauthier et Robin Hunzinger.

Je reprends le dossier lecture. A la demande de Clément Laberge, et parce que cette question du lecteur est au coeur de tout travail d’édition. Quoi qu’on fasse. Cette fois, est-ce que je vais me résoudre à sauvegarder ce que j’écris ici sur un fichier pérenne? Pas sûre de vouloir figer les choses. Ce qui est perdu était à revoir.

Quatre questions de base, sur la lecture en ligne. Comment cherchons-nous? Que trouvons-nous? Comment lisons-nous? Mais avant tout, que cherchons-nous? Nous sommes lecteurs, en ligne, sur papier – partout où les textes nous appellent.

1. Que cherchons-nous?
Ces textes sont variés. Ils informent : journaux, articles, blogs, revues, ouvrages de référence, dictionnaires, encyclopédies… Ils plaisent : romans, poèmes, théâtre, blogs, revues… Dans l’un ou l’autre cas, ils éclairent nos journées d’une lumière aigüe ou apaisante.

Là se trouve l’embrayeur de lecture. Les déclencheurs de lectures, d’ailleurs. Avant d’embrayer, faut déjà déclencher. Et il y a autant, voire plus, de lectures que de textes et de lecteurs réunis. On ne lit jamais un texte deux fois de la même façon. En a-t-on jamais le même usage? Car même pour soi, qu’il s’agisse de plaisir, ou pour les autres, qu’il s’agisse d’étude, les lectures diffèrent d’un moment à l’autre, d’un support à l’autre. L’éditeur est bien placé pour savoir que la lecture du manuscrit est plus ingrate que la lecture sur épreuves, elle-même moins aisée que la lecture de Bon à tirer, qui est plus âpre que la lecture du livre imprimée. Je ne parle pas des supports électroniques dont l’écran, le poids, la taille varient non plus en fonction de ce qu’ont souhaité l’éditeur et le maquettiste-metteur en pages, mais des industriels et d’une réalité économique qui tient davantage à la taille des poches et au poids des porte-feuilles qu’à une réelle ergonomie typographique. J’arrête là mes anacoluthes.

En revanche les textes sont si variés et si mouvants qu’une vie ne suffit pas à lire, simplement, seulement. Alors que cherchons-nous, lorsqu’on veut lire? Que voulons-nous retrouver, ou trouver? Les réponses sont aussi variées que le sens de la vie. Je les laisse à chacun de vous, à chaque moment de vos vies multiples. Cependant, peut-être, une réponse. Nous cherchons à nous informer. A nous perdre pour mieux nous retrouver. A nous intriguer, sur la brêche conjointe de la nouveauté, de la beauté, du sens et du rythme.
A comprendre le monde.

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à venir:
Suite du 1. Que cherchons-nous?
2. Comment cherchons-nous?
3. Que trouvons-nous?
4. Comment lisons-nous?

à venir aussi, pour les lecteurs:
La Persévérance du Crabe, revue HTML qui rythmera les pages de ce blog.

(c) Constance Krebs, 13 janvier 2008.


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