L’effet Kindle, ou le double effet Apple?

Mur verre et bois

Mur verre et bois

Sur Amazon, que représentent 6%?

300 000 Sony vendues en 2008. Combien de Bookeen? d’iPhone? de DS? et d’autres? 200 000 Kindle en 2007, combien en 2008? Soit un marché captif et connecté par Wifi. Le monde change et nous tournons en rond. Les éditeurs ont adopté Amazon, créant des librairies virtuelles dans la TGL en ligne (la Très Grande Librairie en ligne), grattant ici ce qu’ils perdent ailleurs. C’est de bonne guerre et ça permet au distributeur de conserver ses marges. Du moins pour le papier.

Mais pour le numérique? Devra-t-on vendre par les mêmes intermédiaires? Amazon semble indiquer le chemin, en proposant livres électroniques connectés en wifi et impression à la demande. Suffit à l’éditeur de livrer le fichier XML à Amazon, de conserver un pourcentage sur les ventes et de laisser Mobipocket et son verrou faire le reste. La distribution est assurée par qui, dès lors? Mobipocket-Amazon? Le distributeur classique auquel s’adresse toujours l’éditeur? ou Numilog, désormais filiale d’Hachette?

Et si ce n’est lui, qui prend le relais: Google? France Télécom? Microsoft, pour l’instant bien muet sur la question, tout comme Apple d’ailleurs.

Page des libraires, dénommé depuis ePagine, et l’Immatériel posent quelques marques. Qu’ils soient entendus ne changera pas grand-chose au bouleversement qu’induit le numérique. Click and read, or delete. A quel prix? Kindle et Amazon, Numilog et Mobipocket maintiennent un cap que les éditeurs apprécient mais qui peut bien provoquer leur ruine. Pas celle des distributeurs numériques que sont devenus Amazon-Mobipocket et Numilog-Hachette, mais celle des éditeurs. A quel prix vendre un livre virtuel alors qu’on casse le prix du classique en papier et qu’on augmente considérablement le prix de la nouveauté (faute de pouvoir mieux faire). Le prix du poche est en proportion plus cher aujourd’hui que voilà 20 ans, sauf pour lesclassiques, version scolaire, qui sont ridiculement peu chers. Pas sûr que ça fasse vendre davantage. Faut-il vendre un texte numérique pour livre électronique, ou le donner pour une meilleure diffusion? Faut-il se souvenir du déclin des producteurs de disques ou n’observer que les éditeurs de musique? Doit-on comme eux poser des DRM pour que nos textes ne soient pas piratés ou laisser les lecteurs prêter leurs livres? Les livres prêtés ne sont pas toujours rendus, mais les DRM n’empêchent pas le piratage. En outre les livres virtuels ne sont pas gardés très longtemps. Ils comptent pour du beurre. Aussi, on les prête, on les charge, on les lit, on les range ou on les jette. Pour acheter le bouquin? Parions là-dessus. Et lisons ce qu’en dit l’Immatériel, par la voix de Julien Boulnois.


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