Edition, principe 3

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En réponse à F. Bon, sur le blog de Lafeuille, ce qui pourrait être une forme nouvelle de conversation.

Je retranscris ici le commentaire de FB à l’article d’Hubert Guillaud :

« important de maintenir ce débat ouvert – ai remarqué par exemple incroyable stabilité sur mon site, depuis des années (je dis ça parce que j’aimerais retours autres blogueurs ?) : jamais un lien hypertexte pour induire clic plus d’1/3 des visiteurs de la page

« pourtant ça reste une révolution considérable – pas assez regardé non plus (mais tu as déjà fait des posts sur ces quesitons), la façon dont le lien brise la continuité visuelle de la lecture et déplace notre perception globale de la page ou de la phrase – ceci dit, écrire Internet ça veut dire anticiper et produire ces points d’accroche, en faire un élément sémantique parmi les autres

« exemple : récemment idée de Julien Kirch, webmaster remue.net, qui a mis juste un fond grisé sur l’endroit du lien, et inséré les notes dans la marge en vis à vis, donc avec possibilité de mettre aussi le lien concerné dans la marge, sans briser le texte principal

« pour ma part, j’apprécie beaucoup dans Spip que selon le texte chargé on puisse modifier les éléments contextuels (rubriques, boucles, sommaires) et que se déplacer dans le site modifie en retour les outils de navigation, alors que ces fichus blogs ne donnent toujours accès qu’aux derniers articles…

« et reste le serpent de mer : hier soir j’ai envie de dire le bien que je pense du « Madman Bovary » de Claro, je repique ici un bout de vidéo sur Arte, lui il m’envoie un inédit, je reprends sa photo de face book, j’installe lien vers son éditeur, plus 2 blogs ayant déjà recensé – on en est encore beaucoup trop à l’âge préhistorique de ces tambouilles…

« aux autres la balle…

« PS : qui pratique l’ « Open ID » qui s’affiche maintenant en bas ici? »

L’hypertexte a toujours existé – à commencer par la Bible ou autre texte des Livres. Ce qui diffère, c’est qu’avant, on avait la flegme de tourner les pages. Maintenant on peut cliquer (mais on n’est pas obligés).

Le lien brise la continuité de la lecture, c’est vrai. Mais c’est l’auteur qui indique le lien au lecteur. Comme il indique ailleurs une fin de paragraphe, de chapitre, de scène… C’est lui qui suggère une parenthèse possible, un décalage envisageable afin de revenir ensuite sur le texte pour mieux le comprendre, peut-être (ou peut-être pas). Mais une fin de chapitre, encore une fois, un appel de note, une réf à une autre partie du texte entre parenthèses – une incise – c’est la même chose.

On pourrait aussi disserter sur la ponctuation et le rythme, nécessaire à la lecture. Et même sur les interruptions de lecture qui n’ont rien à voir avec la volonté de l’auteur, mais qui sont fréquentes (on n’en parle jamais).

Julien Kirch a suggéré que la continuité valait mieux (obnubilé par l’inconfort des notes de bas de page). Il donne ainsi la possibilité de revenir sur les liens après lecture en continu. Beau travail d’édition (comme quoi lier le travail des informaticiens à celui des éditeurs donne forcément du bon boulot).

Lire un texte « à plat » ou en trois dimensions, et donner la possibilité de faire les deux par le biais des outils numériques, ce n’est pas mal. Je verrai plutôt les contraintes des logiciels (Spip ou les blogs, mais c’est toujours le dernier post qui s’affiche – sinon quel intérêt de Netvibes? -) comme des contraintes classiques (ou plus ou moins baroques voire romantiques) de rythme.

J’ai l’impression qu’on fait la même chose depuis toujours, avec des outils différents. Mais que c’est le bonhomme (ou la bonne femme) qui les manie qui les rend ad hoc. Du stylo au pinceau, du traitement de texte au Net.

Etonnement aussi: on est tous là à bavarder et discuter comme dans un café, comme des connaissances, alors qu’on ne s’est pas forcément déjà vus, qu’on ne connaît pas forcément le travail des uns et des autres – et qu’on n’entend pas le son de nos voix. Pourtant, j’ai davantage l’impression, la sensation, de parler que d’écrire.

Et j’ai essayé Open ID, pour voir. Mais je n’ai pas tout compris. Faudra revenir là-dessus, un jour. En attendant, j’ai rendez-vous, moi.

Constance Krebs, 5 mars 2008.


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