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	<title>amontour</title>
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		<title>amontour</title>
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		<title>prendre le risque de se situer</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 22:34:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>arnaudmaisetti</dc:creator>
				<category><![CDATA[edition, litterature, edition numérique, online publishing,]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Maïsetti]]></category>
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		<description><![CDATA[
Amontour s&#8217;ouvre aux auteurs, qu&#8217;ils soient écrivains, philosophes, éditeurs, ou autres. Tous les textes sont validés par mes soins (c&#8217;est la structure du blog qui veut cela). Les premiers auteurs invités sont trois. Ce billet d&#8217;Arnaud Maïsetti inaugure le collectif. Arnaud est le premier à se lancer, on espère qu&#8217;il continuera (vient de m&#8217;écrire qu&#8217;il [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=624&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><img src="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/PB201143.jpg" alt="soir mort" /></p>
<p>Amontour s&#8217;ouvre aux auteurs, qu&#8217;ils soient écrivains, philosophes, éditeurs, ou autres. Tous les textes sont validés par mes soins (c&#8217;est la structure du blog qui veut cela). Les premiers auteurs invités sont trois. Ce billet d&#8217;Arnaud Maïsetti inaugure le collectif. Arnaud est le premier à se lancer, on espère qu&#8217;il continuera (vient de m&#8217;écrire qu&#8217;il a plein d&#8217;idées dans la caboche pour ce blog &#8211; chic). Son texte sera bien naturellement mis en ligne sur son blog lorsque tout sera réparé. En effet, Arnaud Maïsetti a vu récemment son blog vide, blanc, sans aucun des textes qu&#8217;il y avait écrits. Récit.<br />
ck<br />
&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<br />
ciel mort, jour dérisoire. plusieurs semaines, dans le chaos de ces jours, déménager, aménager, réaménager l&#8217;espace et le temps : et pendant ce temps là, ces pages, blanches, comme une nuit qu&#8217;on n&#8217;aurait pas traversée et derrière laquelle on se tient, sans recours.</p>
<p>mon site depuis plusieurs semaines n&#8217;est qu&#8217;une longue page blanche, tout ce qui j&#8217;y ai écris depuis deux ans, plus parfois, s&#8217;est évanoui quelque part, et impossible d&#8217;en retrouver trace, malgré tous les appels, toutes les tentatives ; lundi, j&#8217;essaie une ultime manœuvre, et si j&#8217;échoue. je ne sais pas encore.</p>
<p>site perdu, ou site quelque part dans un endroit que j&#8217;ignore : je me souviens de la phrase qu&#8217;avait répétée ce professeur tout au long de son cours sur Saint-John Perse : que celui qui écrit prenait la décision de ne pas avoir de site, de ne pas se situer, d&#8217;un côté ou de l&#8217;autre des choses, non pour se dégager de toute position (le relativisme est une chose aussi abjecte qu&#8217;impossible) mais pour avoir à habiter la possibilité de chaque chose &#8211; ne pas avoir de site, faire le geste de les rendre tous possibles, d&#8217;un bout à l&#8217;autre de la langue.</p>
<p>les pages sur lesquelles j&#8217;écris ressemblent à l&#8217;ancien site, mais sont créés de toutes pièces : site vide, je navigue dans un site vide.</p>
<p>site égaré sur la toile, base effacée, écrasée, par concours de circonstances improbable tel qu&#8217;à refaire la succession des choses dans ma tête, je ne parviens pas vraiment à démêler le moment où. la seconde derrière laquelle tout s&#8217;est. sans recours, vraiment ; malgré les conseils reçus, et les manipulations pour ruser avec le démon.</p>
<p>et alors. qu&#8217;est ce qu&#8217;on apprend de cela. la tâche de chaque jour, ce qui s&#8217;est écrit (plus de deux cent pages {incorporées}, j&#8217;aime ce mot, son image) ne s&#8217;est pas vraiment perdu (j&#8217;en garde trace dans ma machine), mais ce qui s&#8217;est enfoui, c&#8217;est leur présence ici, sur la toile : je travaille en ce moment (et on m&#8217;aide) à réinstaller là à l&#8217;identique les choses mortes. comme un corps après un long coma, je ne sais pas comment il réagira, ce qu&#8217;il aura oublié, ce qu&#8217;il aura acquis après réanimation. mais peu importe, au juste.</p>
<p>c&#8217;est le risque qu&#8217;on prend, me semble, nous tous qui choisissons d&#8217;occuper cet espace et de lui parler dans la bouche (&#8220;comme un enfant qu&#8217;on couche, ivre du sang&#8221;), de projeter ainsi sur espace immatériel la matérialité la plus éprouvée de la vie. et on ne sait pas où, les mots qui se posent. et quand ils partent, on ne sait vraiment vers quoi.</p>
<p>nous tous, me semblent, prenons ce risque de la perte, d&#8217;écrire dans la perte possible (et on a beau installer des gardes fous, des sites miroirs, des sauvegardes de base puissantes, des verrous et des codes d&#8217;accès plus sophistiqués qu&#8217;une banque : je crois qu&#8217;on ne saurait être à l&#8217;abri de cela, la perte pure et simple et irrévocable de nos travaux).</p>
<p>bien sûr, la mésaventure que je connais est sans doute due à ma maladresse, de plus aguerris que moi n&#8217;auraient peut-être pas connu ce que j&#8217;endure (et au juste, tout va se rétablir, je l&#8217;espère, en suis convaincu &#8211; simple question de temps) : mais différence de degré, pas de nature.</p>
<p>qu&#8217;on prenne le risque de ce territoire-là (et pour bien nombre d&#8217;entre nous, ce n&#8217;est pas un choix, mais question de survie au-delà) et c&#8217;est ce risque-ci également qu&#8217;on accepte : de la perte, totale, et définitive.</p>
<p>ce qu&#8217;on a écrit, les mots et leur alignement, resteront (dans nos machines, sur des disques, des clés, quelque part physiquement situé), mais nos sites ne sont pas le supports de nos travaux, je crois, mais l&#8217;agencement même qui leur donne sens. si on essaie, autant que faire ce peu, de se rendre nous-mêmes concepteurs de nos espaces, et si on n&#8217;utilise pas telles quelles les plate-formes clés en main qu&#8217;on nous fournit,  mais qu&#8217;on les modifie à la hauteur de nos désirs et de nos possibilités, c&#8217;est parce qu&#8217;on considère que cet espace est aussi la langue dans laquelle on se projette, et aussi {de la langue} qu&#8217;on manie, qu&#8217;on plie, qu&#8217;on creuse.</p>
<p>c&#8217;est le tuyau dans lequel on souffle, et le souffle, et la voix et son timbre : et les mots et le sens de chaque mot nommé, et l&#8217;écho qu&#8217;on reprend, le branchement continu sur tous les mots du monde jusqu&#8217;au dernier.</p>
<p>alors qu&#8217;on perde son site, comme moi, et ce qui se perd, c&#8217;est tout cela à la fois. la théâtralité c&#8217;est le théâtre moins le texte, écrit Roland Barthes. un site internet, pour nous qui essayons lui donner forme de langue et tache de nomination du monde, c&#8217;est l&#8217;écriture moins les mots.</p>
<p>pas de regret, cependant, à prendre le risque. on joue plus que nos vies, on peut perdre davantage aussi. mais ce qu&#8217;on gagne à s&#8217;y risquer tient dans l&#8217;échange constant du réel, dans sa réinvention et sa résistance.</p>
<p>Saint-John Perse gardera toujours le souvenir de cette image : à l&#8217;arrivée à Pau, toute la famille débarquée des Antilles, les malles où était contenue toute la bibliothèque du père ont pris l&#8217;eau pendant la traversée. dans la cour, répandues, les pages moisies, les couvertures humides, le papier illisible, l&#8217;odeur âcre. le père qui pleure, et le fils qui comprend quelque chose de la perte, et qui saura retenir pour toujours le dégoût pour les objets qui enferment la pensée, qui portent germe de pourriture. le livre doit toujours être chose qui va, qui s&#8217;emporte, et emporte avec lui le monde, jamais objet contenu et contenant, jamais boîte ou réservoir de sens, mais élan, et prise sur le monde, et branchement électrique qui densifie l&#8217;épaisseur de chaque chose : le livre doit toujours être sur le point d&#8217;être écrit dans le mouvement des choses en allées, dans le désir qui ne se fige sous aucune manière. dans la cour, au milieu du désastre, seule couverture épargnée : <em>Les Fleurs du mal</em>.</p>
<p>les pages de mon site, blanches et vides, restent pour le moment lettres mortes. demain, ou ensuite, lundi, mardi peut-être, j&#8217;aurai de nouveau cet espace propre avec traces des anciens textes. peut-être que je serai obligé de les ajouter, l&#8217;un après l&#8217;autre, manuellement, si la réinstallation de la base ne fonctionne pas. tant pis.</p>
<p>on recommencera.</p>
<p>© Arnaud Maïsetti, 20 novembre 2009.</p>
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		<title>Entretien avec Xavier Cazin, diffuseur-distributeur</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 10:46:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
				<category><![CDATA[edition, litterature, edition numérique, online publishing,]]></category>
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		<category><![CDATA[Xavier Cazin]]></category>

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		<description><![CDATA[
Cet entretien est le 2e de la série d’entretiens que j’ai eu avec quelques personnes depuis longtemps engagés dans l’édition numérique. Qu’ils soient ici remerciés de l’autorisation de mise en ligne de ces textes. Tous les entretiens ici publiés sont liés au rapport Livrel.
Xavier Cazin, Immatériel, 27 avril 2009 
Xavier Cazin, après des études d&#8217;informatique [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=621&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://amontour.files.wordpress.com/2009/11/xavier-cazin-et-julien-boulnois.jpg"><img src="http://amontour.files.wordpress.com/2009/11/xavier-cazin-et-julien-boulnois.jpg?w=300&#038;h=225" alt="" title="Xavier Cazin et Julien Boulnois" width="300" height="225" class="alignnone size-medium wp-image-622" /></a></p>
<p>Cet entretien est le 2e de la série d’entretiens que j’ai eu avec quelques personnes depuis longtemps engagés dans l’édition numérique. Qu’ils soient ici remerciés de l’autorisation de mise en ligne de ces textes. Tous les entretiens ici publiés sont liés au rapport <em>Livrel</em>.</p>
<p><strong>Xavier Cazin, Immatériel, 27 avril 2009 </strong><br />
Xavier Cazin, après des études d&#8217;informatique à Paris VI, a travaillé comme traducteur pendant ses études, avant de devenir éditeur pour Addison-Wesley, International Thomson Publishing, puis directeur éditorial pour <a href="http://oreilly.com/store/">O&#8217;Reilly</a> pendant 11 ans. À la <a href="http://www.editions-oreilly.fr/">fermeture de la filiale</a> française d&#8217;O'Reilly, il a fondé <a href="http://immateriel.fr/fr/statique/historique">immatériel.fr</a> en association avec Julien Boulnois, chargé de l&#8217;informatique chez O&#8217;Reilly.<br />
La principale nouveauté d&#8217;Immatériel, c&#8217;est de proposer des ventes de livres aux bibliothèques par le biais des librairies qui le souhaitent. Une grande première.</p>
<p><strong>4. On va commencer par la dernière question, celle de l&#8217;émerveillement que suppose Internet, cet écran bizarre.</strong><br />
Je suis passé par de nombreuses phases d&#8217;émerveillement depuis l&#8217;avènement de l&#8217;Internet. Ce qui m&#8217;émerveille le plus aujourd&#8217;hui, c&#8217;est que le travail artistique en général et littéraire en particulier ne peut plus se passer des réseaux, car il y puise une partie de sa substance. La littérature et l&#8217;Internet ont maintenant des intérêts communs alors qu&#8217;il y a peu, on ne voyait encore l&#8217;Internet que comme qu&#8217;un ensemble de technologies. Et ce regard sur le monde,  quand il n’est pas inutilement distancié, dessine de nouvelles localités, permet de se constituer un nouveau voisinage. L&#8217;Internet permet de multiplier les interactions, de s’influencer mutuellement, et quand l&#8217;individu se confronte à ce bouillonnement, ça crée de la littérature.</p>
<p>Ce qui permet ça, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;est (presque) plus nécessaire de maîtriser la technologie, avec ce que ce mot a de froid, pour échanger avec les autres, pour entrer dans la danse. Aujourd&#8217;hui, les non-techniciens s’approprient un outil qui permet d’appeler des influences diverses, de s’en nourrir, filtrer, absorber, et  reproposer. À partir de peu de choses, quelque chose de personnel s&#8217;élabore : ce dont les gens ont besoin pour exister, c’est de s’influencer mutuellement, et l&#8217;Internet, au point où il en est arrivé aujourd&#8217;hui, permet ça.</p>
<p>On est à l’inverse du blog tel que trop souvent décrit. Le fait de tenir un  journal est le contraire du narcissisme. Le commentaire permet de s’affiner. Que peut-on espérer de mieux que s’affiner et influencer les autres ? C’est important pour se sentir utile. On y gagne même une double postérité parce que les choses qu&#8217;on a produites restent et qu&#8217;on influence ceux qui nous survivrons. Ceux qui comprennent ça sont bien armés pour la suite. </p>
<p>Moi, ancien éditeur technique, qui a publié pendant 10 ans des livres sur les réseaux et la programmation, cette évolution me saute à la figure. On avait le squelette, qui n&#8217;a pas bougé d&#8217;ailleurs, et voici la chair. Ça signe l’époque. C’est gratifiant de nager dans le bouillon de culture qui signe l’époque. On a tous les outils pour construire une mondialisation intéressante. Je serai bientôt en mesure d’influencer chacun de mes concitoyens sur terre et d&#8217;être influencé par eux. </p>
<p>On est à un tournant de l&#8217;Internet où l’on s’enrichit, non pas seulement de la ressource statique découverte ou consommée, mais surtout des personnes qui sont derrière la ressource et de celles qui nous y mènent : l&#8217;Internet crée de la relation entre les personnes. Une expression a fait son apparition récemment : le Web des sujets (par opposition au Web des données). On a aussi envie de parler de Renaissance, parce qu’on renaît chaque jour au contact des autres, parce que leur regard sur le monde vous enrichit.</p>
<p>Le Web des données (web sémantique) ne m’intéresse pas en revanche, sinon comme technique de gestion de base de données. Hiérarchiser les choses a priori est voué à l’échec. En procédant ainsi, on peut être tenté d&#8217;organiser la pensée des autres. Je trouve ces attitudes utilitaristes, voire totalitaires. Je pense que le Web des données servira juste à réorganiser ce qui l&#8217;est déjà. Ce qui m&#8217;intéresse, c&#8217;est le passant qui m’indique le chemin en s’adaptant à son interlocuteur et au contexte. L&#8217;interaction humaine, au lieu d&#8217;ajouter au désordre, augmente la précision de l&#8217;information.</p>
<p>Les réseaux sociaux préparent ça : quelles sont les personnes les plus aptes à me guider, non pas sur l&#8217;Internet, mais dans mes choix personnels ? La littérature est aussi le lieu d&#8217;influences croisées. Que les écrivains contemporains, comme François Bon, s’emparent de cette circulation est libérateur. </p>
<p><strong><br />
1. Qu’est ce qui se détache d’intéressant aujourd’hui parmi les institutions ? </strong><br />
Il faudrait suivre, et même anticiper la réflexion menée aux États-Unis sous le vocable Gov 2.0, qui est née là-bas à la fois de la méfiance naturelle qu&#8217;ont les Américains vis-à-vis de leur administration que des compétences informatiques de l&#8217;administration Obama.  L’institution peut et doit avoir des objectifs de progrès, et des compétences en matière d&#8217;infrastructure. Ensuite, si elle acceptait de dire : « Je vous fournis cette plate-forme, inventez-en les bons usages, je n’ai pas de recommandations spécifiques, il faut seulement qu’il se passe quelque chose, que les gens puissent échanger pour inventer l&#8217;avenir, etc. », l&#8217;institution aurait une vraie place sur le Réseau. Malheureusement l’institution a encore tendance à imposer des choix aux individus pour justifier les dépenses collectives.</p>
<p>Depuis le Web 2.0, les visiteurs que j’accueille viennent sur aussi sur ma plate-forme parce qu’elle est différente. Il ne faut pas être neutre, mais pas non plus se contenter d&#8217;une seule direction. Twitter est le type de plate-forme qui aurait pu être proposée par une institution : chacun peut venir et se l’approprier comme une plate-forme publique.</p>
<p>Je peux, créant Twitter, ou Facebook, interagir et susciter une création. Je suis  réticent à Facebook, j&#8217;ai parfois du mal avec Twitter. Mais l’outil permet aux individus de se dire : « Je suis quelqu&#8217;un de bien parce que je suis reconnu par mes pairs. » De même, WordPress, malgré ses inconvénients de la plate-forme, permet aux individus de partager. Myspace est très moche, mais permet d’échanger. On pourrait imaginer qu’une institution ait mis au point une plate-forme comme ça. C’est le rôle de l’institution. Quel est l’espace public d’aujourd’hui ? ça peut être un jardin, Twitter, ou un réseau de blog, mais pas un zoo qui ne favorise pas l&#8217;échange entre visiteurs. </p>
<p>Si l&#8217;on résume les développements que la Région pourrait proposer : pas de neutralité, favoriser les relations entre les gens en leur permettant de s&#8217;approprier un espace public.</p>
<p>Ce serait logique qu’une institution offre un espace de promenade. Par exemple Google m’inquiète lorsque qu’il demande aux gens de déposer leurs profils. Quand on sait que cette boite vit grâce aux données, ça me gêne. Une plate-forme publique pérenne, non menaçante ; l’État c’est moi puisque je suis citoyen. Donc j’aimerais déposer mes infos sur un espace public que je rends public au moment où je le souhaite et vers qui je le souhaite. C’est ma place citoyenne. « Public » veut dire espace citoyen mais c’est moi qui décide de l’accès. </p>
<p><strong>2. Quels sont les besoins d&#8217;Immatériel ? </strong><br />
Immatériel.fr a d&#8217;abord besoin de ne plus être le seul au sein de l&#8217;industrie de l&#8217;édition à promouvoir le passage à une véritable économie de réseau pour la diffusion de contenu numérique. Nous essayons d&#8217;expliquer aux acteurs de l&#8217;édition que le principal changement induit par le numérique sera ce passage à une économie de réseau (comme les opérateurs téléphoniques ou les banques), qui imposera de se connecter à ses concurrents pour servir correctement ses clients. La mutualisation de ePagine et d&#8217;immatériel.fr par exemple, déjà induite par les tuyaux, est désormais effective. Les défenses commencent à tomber, mais pas encore aux bouts de la chaîne (éditeurs et détaillants). Bien sûr, l&#8217;arrivée prochaine de Google accélèrera cette prise de conscience, mais il est toujours gênant de se faire imposer un système par un acteur qui n&#8217;est pas du métier.</p>
<p>Par ailleurs, Immatériel.fr a besoin de fonds pour embaucher les trois ou quatre personnes nécessaires à son développement, en premier lieu un commercial qui contacte les éditeurs et les libraires pour faire connaître ce qu’on est en droit d&#8217;attendre d&#8217;un véritable distributeur numérique. On a surtout besoin de convaincre les libraires de passer un peu de temps sur la question. Ce qui leur manque c’est de pouvoir mélanger les offres numérique et papier et non plus les proposer séparément : aujourd&#8217;hui, les lecteurs continuent à chercher par titre et par auteur, pas par format ! On a mis en place deux choses : des webservices, qui permettent d&#8217;intégrer notre catalogue aux librairies en ligne, et un système de commande séparé pour les librairies physiques. L&#8217;API d&#8217;Immatériel [ = ensemble de fonctions, procédures ou classes mises à disposition des programmes informatiques par une bibliothèque logicielle, un système d'exploitation ou un service] permet même aux libraires clients d&#8217;ePagine d&#8217;accéder au catalogue d&#8217;immatériel.</p>
<p>Surtout, faire comprendre que l&#8217;édition numérique ne se résume pas à la version PDF ou ePub d’un livre papier. L’abonnement, le bouquet, la licence, peuvent être vendus aux grands comptes (bibliothèques) ou aux particuliers via les libraires, et ça pourrait rapporter aux libraires beaucoup plus qu&#8217;ils ne croient. Et c&#8217;est plus facile de vendre un abonnement que 500 livres papier à la même bibliothèque. </p>
<p><strong>3. Le Motif pourrait-il mettre en place un laboratoire du texte ?</strong><br />
Pourquoi pas? Mais il faut là aussi une API pour permettre aux citoyens et aux autres acteurs de la cité de  venir jouer dans ce bac à sable comme ils l&#8217;entendent. Ce qui est difficile, c&#8217;est d&#8217;attirer des gens qu&#8217;on ne connaît pas <em>a priori</em>. Un designer, un infographiste, un maquettiste, un typographe, un développeur, un imprimeur&#8230;  qui échangent et se proposent éventuellement comme ressources humaines. Vous décrivez vos besoins, qu&#8217;ils soient artisanaux ou industriels, et d&#8217;autres les étudient, voire en réalisent une partie, un peu à a manière du mouvement Open Source; les réalisations sont visibles sur é-motif, elles sont modifiables en commun, par tous, etc. On s’enrichit ainsi. Les outils doivent encourager l’interaction, le partage. Si j’ai tel projet que je me mets dans la file d&#8217;attente, une plate-forme gérée par le MOTif pourrait me relier à des personnes ou des sociétés susceptibles de répondre à mes besoins. La région propose, et les gens sont libres de trouver les <em>modus operandi</em>. </p>
<p><strong>Liens</strong><br />
<a href="http://immateriel.fr/">Immatériel </a>est le diffuseur-distributeur de <a href="http://www.publie.net/">Publie.net</a>, ente autres éditeurs en ligne.<br />
Il travaille en lien avec la plate-forme <a href="http://www.epagine.fr/">ePagine</a>, la plate-forme Eden-Livres dont je n&#8217;ai pas trouvé trace sur la Toile, à part <a href="http://www.edenlivres.fr/p/9782070126354">ceci</a>, par exemple.</p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/amontour.wordpress.com/621/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/amontour.wordpress.com/621/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/amontour.wordpress.com/621/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/amontour.wordpress.com/621/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/amontour.wordpress.com/621/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/amontour.wordpress.com/621/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/amontour.wordpress.com/621/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/amontour.wordpress.com/621/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/amontour.wordpress.com/621/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/amontour.wordpress.com/621/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=621&subd=amontour&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Xavier Cazin et Julien Boulnois</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Quelles valeurs accorder au livrel &#124; 2</title>
		<link>http://amontour.wordpress.com/2009/11/17/quelles-valeurs-accorder-au-livrel-2/</link>
		<comments>http://amontour.wordpress.com/2009/11/17/quelles-valeurs-accorder-au-livrel-2/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 10:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
				<category><![CDATA[edition, litterature, edition numérique, online publishing,]]></category>
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		<category><![CDATA[valeur du livre]]></category>
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		<description><![CDATA[
Un point n’est pas suffisamment clair dans le rapport. J’ai voulu montrer que le don et le contre-don, loin d’être un acte d’échanges simplement gratuits, créent au moins deux types de valeur. Une valeur symbolique, sociale, forte. Une valeur économique qui peut être importante, qui ne suffit pas toujours, mais qui peut aussi être largement [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=609&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://amontour.files.wordpress.com/2009/11/mur-jardin1.jpg"><img src="http://amontour.files.wordpress.com/2009/11/mur-jardin1.jpg?w=225&#038;h=300" alt="mur jardin" title="mur jardin" width="225" height="300" class="alignnone size-medium wp-image-613" /></a></p>
<p><em>Un point n’est pas suffisamment clair dans le rapport. J’ai voulu montrer que le don et le contre-don, loin d’être un acte d’échanges simplement gratuits, créent au moins deux types de valeur. Une valeur symbolique, sociale, forte. Une valeur économique qui peut être importante, qui ne suffit pas toujours, mais qui peut aussi être largement rentable, dans certains cas (les opérateurs de téléphonie, les moteurs de recherche surpuissants). Dans les deux cas, ces échanges débouchent sur un marché économique, qui peut être celui du livrel.</em></p>
<p>Suite de la <a href="http://amontour.wordpress.com/2009/11/14/quelles-valeurs-accorder-au-livrel/">première partie</a>.</p>
<p>Les livres numérisés ou édités numériquement, que néanmoins j&#8217;appelle livrels pour éviter toute confusion avec les livres imprimés, comme les livres, sont des services d&#8217;échanges intelligents qu&#8217;offre l&#8217;éditeur aux lecteurs. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;offres promotionnelles &#8211; on ne les vend pas avec la verrine assortie ou le coffret designé. On les propose sous différents logiciels de lecture, au même prix. On les vend parfois avec le livre imprimé, selon un tarif qui tient compte davantage du livre que du livrel. C&#8217;est l&#8217;imprimé, dans ce cas-là, qui a valeur marchande. C&#8217;est-à-dire le support.</p>
<p>Il arrive parfois que le livrel, comme le livre, englobe d&#8217;autres choses que le texte seul. Ces éléments sont consubstantiels au texte : illustrations sonores, graphiques, vidéos, ce sont parfois sur ces images ou ces sons que le texte s&#8217;appuie (guide touristique, poème ou beau livre). Le livrel prend alors le sens d&#8217;un texte (ou autre) édité en ligne.<br />
L&#8217;illustration, les illustrations devrais-je dire, sous toutes leurs formes, n&#8217;ont pas moins de valeur symbolique que le texte. Bien souvent, d&#8217;ailleurs, ce sont elles qui ont valeur marchande. Au fond, ce n&#8217;est pas tant le livre qui a une valeur marchande que les services qui l&#8217;entourent. </p>
<p>Du coup, ce qu&#8217;on appelle le livre est un service. On peut considérer que le livrel aussi est un service. Les livrels édités en ligne, comme ceux qu&#8217;éditent le Cléo (revues.org et les blogs Hypothèses), Wikipédia et le site André Breton, sont gratuits. Mais ils ne vivent que si, et seulement si, le public participe à leur élaboration. </p>
<p>Le public ajoute une valeur symbolique à ce service. Les communautés de lecteurs ajoutent une valeur au livrel, à la condition que cette communauté soit encadrée, entourée, validée par une modération critique. Un site, qui est aussi un livrel, ne peut vivre en ligne sans un veilleur, qu&#8217;on l&#8217;appelle auteur, animateur ou webmaster.</p>
<p>Ce livrel peut être gratuit. Il peut aussi avoir une valeur économique marginale. L&#8217;accès aux services qui entourent ce livrel, à une communauté, à une collection qu&#8217;on appelle souvent un &#8220;univers&#8221; diffèrent du coffret ou de la verrine promotionnels. Ils ne sont pas anecdotiques. Ce ne sont pas des biens de consommation, mais des invitations à participer, avec d&#8217;autres, à l&#8217;élaboration d&#8217;autres livrels. Ce sont des échanges intelligents qui invitent à donner un peu de son temps. On vous donne (ou presque) un texte en ligne. Vous contre-donnez une disponibilité. De lecture, comme pour un livre imprimé, mais aussi d&#8217;écriture, de vérification (Wikipédia), d&#8217;interaction, d&#8217;écoute, de visionnage&#8230; </p>
<p>Autant le gadget promotionnel, dont la valeur marchande est en général assez onéreuse, est conçu pour l&#8217;achat impulsif, livre-cadeau sans signification autre que consumériste, sans valeur symbolique. Vide de toute personnalité, toute singularité, toute sensibilité &#8211; désincarné. Il n&#8217;y a ni désir ni plaisir dans ces objets de consommation. On ne peut pas leur consacrer du temps, on ne peut que les prendre, les ouvrir, y goûter en les feuilletant ou les lisant rapidement, et les jeter ou les revendre &#8211; au rabais. Mon frère, lui, les met sur le trottoir. </p>
<p>Autant l&#8217;offre aux accès, aux services qui entourent un livrel, contribue à donner une valeur symbolique au texte. Cette valeur symbolique redonne du sens à notre compréhension du monde. Elle nous implique à nouveau dans la constitution du monde parce qu&#8217;elle nous engage à y participer. Au fond, elle fait prendre au texte une valeur symbolique bien supérieure à toute valeur marchande. Le lecteur vit avec le texte, pour le texte, et de son implication dépend la vie de ce texte dans la durée.</p>
<p>Cette perte de la valeur marchande fait douter les éditeurs et les libraires de l&#8217;intérêt du web. Pas les bibliothécaires. Le gain de la valeur symbolique que permet ce don en échange d&#8217;un contre-don déplace la valeur marchande du livre. Forcément. Il faut donc redéfinir le livre en fonction des nouveaux types d&#8217;édition. Sans décalque, mais en fonction de ce qui déroule. Regardons les lecteurs, observons-les. Sont-ils sagement installés sous la lampe à lire en silence ? Non, ils sont face à l&#8217;écran, à écrire et à lire alternativement. Silencieux, et actifs.</p>
<p>Les maisons d&#8217;édition en ligne, qu&#8217;il s&#8217;agisse de Publie, de Cléo, de Wikipédia et du site André Breton ne sont envisageables que si des aides leurs sont accordées. Par subventions, bourses, mécénat, dons en temps ou préventes. Mais de nombreuses maisons d&#8217;édition en dur fonctionnent de la même façon. Les romans traduits ne sont publiés qu&#8217;après l&#8217;obtention d&#8217;une bourse de traduction, les ouvrages sur le chocolat que si une firme achète une certaine quantité d&#8217;exemplaires, les beaux livres s&#8217;ils sont liés à un office du tourisme, une exposition, un événement, les recueils de poésies si le poète perçoit une bourse, etc.</p>
<p>Les différences entre Publie et les maisons d&#8217;édition en dur tiennent seulement dans la masse salariale. La masse salariale de publie.net est constituée d&#8217;auteurs bénévoles qui participent à l&#8217;entreprise coopérative. Donnant de leurs compétences de lecteurs, de leur temps, de leur énergie ils sont remerciés par un accès plus facile à une bourse d&#8217;entreprise, à une résidence ou à une mise en circulation dans un réseau, dans une communauté d&#8217;auteurs &#8211; d&#8217;aucuns diraient dans un cercle. Comme chez tant d&#8217;éditeurs fédérateurs, chez tout groupe d&#8217;artistes. La valeur symbolique du texte, en évoluant dans le temps, se mue peu à peu en valeur marchande, économique. Tel cercle, telle prescription, tels auteurs, tels lecteurs participent à l&#8217;élaboration de cette valeur. </p>
<p>Au fond, l&#8217;usage ne change pas. Il évolue dans un univers plus ouvert sur le monde public que ne l&#8217;est l&#8217;atelier, le bureau d&#8217;une revue du XIXe siècle et, de ce fait, plus rapide. La seule différence réside dans le fait que le lecteur y participe. Sa seule participation naïve, au sens noble du terme c&#8217;est-à-dire apparemment candide, mais en réalité sensible et cultivée, crée de la valeur en prescrivant, en intervenant, en indiquant, en veillant pour d&#8217;autres. Tel lecteur, sans le savoir, ou le sachant, participe à la communauté de Publie.net. Il repère des blogs inédits, il les partage, lit les oeuvres publiées, les commente, les partage à leur tour. Publiquement sur les réseaux et dans l&#8217;intimité de son blog. Il est lecteur et électeur. Il participe à la communauté. Parce qu&#8217;il écrit, comme lecteur.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas tant le livre (support) ou le texte (oeuvre) qui se modifie, c&#8217;est la relation que le lecteur a avec cette oeuvre. Cette relation est basée sur l&#8217;écriture, l&#8217;interjection, le commentaire critique amateur. Le silence est de mise dans les maisons, les bureaux, les biblios; devant les écrans. Pourtant on perçoit le bruit des autres, leurs pensées, sentiments, réflexions. La lecture se développe parce que la relation se déplace. Lecteur et auteur sont quasi face à face. Non pas frontalement mais dans un échange sensible. Épistolaire pas tout à fait, critique de manière désinstitutionnalisée, social certes, et plus profondément qu&#8217;avant. Je lis, je commente à la suite du texte, sur les réseaux ou sur mon blog &#8211; et, contrairement à ce que j&#8217;aurais pu en dire lors d&#8217;un dîner en ville, par le biais de ce commentaire à la fois personnel, sociable, et public, ce moi lecteur instaure une relation sociale directe avec l&#8217;oeuvre. Cette relation à l&#8217;oeuvre est visible, publique, au même titre que l&#8217;oeuvre. C&#8217;est cela qui est nouveau, et qui contribue à la valeur de l&#8217;oeuvre. C&#8217;est la nécessaire barrière critique dont parle Eco, qui fait rempart contre la barbarie. En outre, la vitesse du Net donne de la force à ce texte, à ces liens, à ce rhizome constitué autant de ces lectures que des textes d&#8217;auteurs.</p>
<p>Le lecteur, écrivant, rentre en contact avec l&#8217;oeuvre. Au plus près. Il interpelle l&#8217;auteur qui peut, s&#8217;il le souhaite, réagir. La relation peut alors être perçue comme unique entre l&#8217;auteur et le lecteur (c&#8217;est le syndrome midinette du lecteur, et ça arrive), mais elle est toujours multiple et protéiforme. Le texte ainsi commenté prend son envol, se diffuse auprès des lecteurs du lecteur qui écrit. Il prend de la valeur grâce à la relation sociale rendue publique par le commentaire du lecteur, publiée par le lecteur.</p>
<p>Banalités. Là où je veux en venir : la masse salariale &#8220;poétique&#8221; de Publie.net n&#8217;est possible que si elle est constituée d&#8217;auteurs ou de blogueurs qui trouvent ainsi moyen de reconnaissance en contre-don. La reconnaissance consiste en deux choses principales. L&#8217;une vise à vendre davantage de livrels parce que, se situant dans le premier cercle, s&#8217;y impliquant, on a plus de chances de voir ses textes intéresser la communauté élargie de la maison d&#8217;édition en ligne. L&#8217;autre permet,après s&#8217;être fait connaître d&#8217;un premier cercle de lecteurs en ligne, de se faire connaître d&#8217;un deuxième cercle, celui de lecteurs de livres imprimés. Qui sont parfois éditeurs. Ou de postuler, avec tout le sérieux que réclame cette entreprise, à une bourse, une résidence, une subvention ou un mécénat d&#8217;entreprise. Le jeu des réseaux, du rhizome, se renforce par une présence en ligne qui, à ce jour, doit se travailler pour être créatrice de valeur. </p>
<p>Publie vise sans doute cela : redonner à l&#8217;auteur la valeur dont le système marchand de l&#8217;offre et de la demande l&#8217;a dépossédé. Confirmer sa valeur symbolique : l&#8217;auteur n&#8217;est auteur que lorsque la relation sociale entre l&#8217;oeuvre et le lecteur se joue. Lui offrir une valeur économique : dès lors que l&#8217;auteur est reconnu socialement comme tel, cette reconnaissance doit être exponentielle, ou du moins, démultipliée, connue, et l&#8217;auteur doit pouvoir bénéficier d&#8217;une juste rémunération de ses oeuvres. Ventes, bourses, mécénat, tout se partage. Le travail de l&#8217;éditeur consiste à choisir, propulser, calculer afin de rétribuer l&#8217;auteur, de donner à l&#8217;oeuvre une valeur de plus en plus grande dans le temps. </p>
<p>Ce système ne fonctionne que si ce sont les auteurs qui oeuvrent bénévolement à l&#8217;élaboration de la maison d&#8217;édition. C&#8217;est vrai aussi pour Revues.org. La valeur est donnée aux chercheurs et à leurs travaux. Ce sont donc les auteurs qui vont contribuer à donner de la valeur à une maison d&#8217;édition. La valeur symbolique qui existe déjà pour les livres, est renforcée par les livrels ainsi diffusés. La valeur marchande, qui se constitue et se renforce au cours du temps, provient enfin de l&#8217;auteur des oeuvres. Pas du support.</p>
<p>Constance Krebs, 17 novembre 2009.</p>
<p>P.-S. Il existe d&#8217;autres modèles, basés sur le seul réseau de commentaires et de wikis, avec un financement de départ qui peut être un investissement (Wikipedia), un mécénat (André Breton). Mais ce sont les participants qui en sont alors les auteurs. Le modérateur ne fait que trier. Son rôle est néanmoins essentiel. On en discute, contributeurs et lecteurs ?</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Quelles valeurs accorder au livrel ?</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 08:18:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
				<category><![CDATA[edition, litterature, edition numérique, online publishing,]]></category>
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		<description><![CDATA[Un point n&#8217;est pas suffisamment clair dans le rapport. J&#8217;y reviens donc aujourd&#8217;hui pour le séminaire de Michel Bernard à Paris 3 où j&#8217;ai le plaisir d&#8217;intrvenir à l&#8217;invitation de Michel. Et que vous pouvez suivre sous Skype en vous connectant à &#8220;hubertdephalèse&#8221; entre 10 et 12 heures, heure française.
J&#8217;ai voulu montrer que le don [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=603&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Un point n&#8217;est pas suffisamment clair dans le rapport. J&#8217;y reviens donc aujourd&#8217;hui pour le séminaire de Michel Bernard à Paris 3 où j&#8217;ai le plaisir d&#8217;intrvenir à l&#8217;invitation de Michel. Et que vous pouvez suivre sous Skype en vous connectant à &#8220;hubertdephalèse&#8221; entre 10 et 12 heures, heure française.</p>
<p>J&#8217;ai voulu montrer que le don et le contre-don, loin d&#8217;être un acte d&#8217;échanges simplement gratuits, créent au moins deux types de valeur. Une valeur symbolique, sociale, forte. Une valeur économique qui peut être importante, qui ne suffit pas toujours, mais qui peut aussi être largement rentable, dans certains cas (les opérateurs de téléphonie, les moteurs de recherche surpuissants). Dans les deux cas, ces échanges débouchent sur un marché économique, qui peut être celui du livrel.</p>
<p>À l&#8217;inverse, le décalque du marché actuel du livre n&#8217;est pas transférable sur le marché du livrel. Si on le transfert en décalque &#8211; comme à l&#8217;aide d&#8217;un papier transfert, sans création de communauté d&#8217;échanges -, ce marché transposé tel que ne peut pas fonctionner sans valeur supplémentaire. Les éditeurs ont donc raison de se méfier de ce changement.<br />
1. Ils ont bien conscience que la gratuité ou prétendue telle est de mise sur la Toile.<br />
2. Ils n&#8217;ont pas en mains toutes les cartes pour la constitution de réseaux (même si cela vient vite).<br />
3. Des formations sont donc indispensables pour appréhender les usages d&#8217;un marché en cours de constitution.</p>
<p><strong><br />
Questions que je me pose :</strong><br />
D’ou provient la valeur symbolique d’un livre, celle d’un livrel ?</p>
<p>Peut-on faire fonctionner une structure éditoriale, rémunérer les auteurs, à partir de la seule valeur symbolique ? Autrement dit, comment transformer cette vaelur symbolique en une valeur économique ?</p>
<p>Comment rendre cette valeur symbolique viable économiquement ? Quel équilibre peut-il se créer dans ce partage de rémunération entre éditeurs, fournisseurs et prestataires, auteurs ?</p>
<p><strong><br />
1. L’auteur écrit un texte, l’éditeur publie un livre.</strong><br />
Pour le papier, l’auteur écrit des romans, poèmes, pièces, essais, guides, voire un livre pratique, qui est surtout un texte à écrire.</p>
<p>En ligne, l’auteur continue à écrire un texte (htx, communauté, etc.).<br />
L’éditeur, s’il épouse les nouvelles formes que prend le livrel, peut lui apporter une valeur marchande, et symbolique. Il importe donc de définir le livre pour bien en comprendre les enjeux professionnels.</p>
<p>Les livres diffèrent, ainsi que leur valeur symbolique : Quand ils sont numérisés platement (PDF, EPUB) leur valeur symbolique est quasi nulle ; quand ils sont édités numériquement (PDF, EPUB, XHTML, XML, MD Onix ou autres) ils sont interopérables, archivables, leur valeur symbolique est monnayable pour des questions de diffusion internationale et de pérennité ; et quand ils sont édités en ligne (HTML, PHP/MySQL, Java, Flash, XML, MD Onix, autres formats, autres langages, surtout une comunauté et des liens, etc.) leur valeur se développe avec leur vie, qui s’étend au fur et à mesure des liens et des extensions des réseaux.</p>
<p>Le livre n’est plus clos, il est ouvert, il est dynamique et interactif. C’est un organisme vivant. Le livre, et pas uniquement le texte. Le texte reste le texte, c’est-à-dire, selon le <a href="http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/saveregass.exe?87;s=3609753225;r=1;;">TLFi </a>, une « suite de signes linguistiques constituant un écrit ou une œuvre ». Quant au livre, selon le même <a href="http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?126;s=3609753225;r=2;nat=;sol=4;">TLFi</a>, c’est un « assemblage de feuilles en nombre plus ou moins élevé, portant des signes destinés à être lus ».</p>
<p>Les éditeurs ont donc raison de se méfier. le livre, comme décalque, risque de dégrader la valeur marchande du texte même. Parce que le Net révèle, aux yeux des profanes, la valeur du texte en la séparant de la valeur du livre.</p>
<p><strong>2. On achète le support. L’oeuvre est gratuite ou quasi.</strong><br />
Éditeurs, libraires, bibliothécaires et lecteurs ne parlent du texte qu’à travers le livre. Alors que, dès 1995 en gros, le texte s’est détaché de son support principal. Il vit indépendamment du livre. Texte et livre sont désormais une oeuvre et un support, stricto sensu, tels que les dictionnaires les définissent.</p>
<p>Cette confusion des genres, que nous faisons tous, amène le lecteur du Net à ne pas reconnaître de valeur marchande au texte seul. Il aime, comme nous tous, l’objet pour lequel il est prêt à payer (il est d’ailleurs prêt à acheter une tablette, un ordinateur, un téléphone mutlitâche). </p>
<p>La confusion que le marché a entretenue (prix du livre de poche <em>vs </em>prix de l’édition grand papier ou de l’édition illustrée d’un roman classique, par exemple) amène assez naturellement à cet état de fait.</p>
<p>Cette confusion entre la valeur du texte et la valeur de son support ne dépend pas de la Toile. La Toile révèle l’absurdité d’usages économiques : l’odeur du papier, la valeur marchande de l’objet, le prix du support plutôt que le prix de l’oeuvre.</p>
<p>La confusion date de plusieurs décennies, plusieurs siècles, entre le livre et le texte. Le Net n’offre souvent que le texte. Il n’y a donc aucune raison pour que ce texte soit payant.</p>
<p><strong>3. Il faut redonner du sens, de la valeur, à l’oeuvre.</strong><br />
Pour cela, on peut choisir de forcer l’économie en imposant une valeur marchande au texte (70 % du prix du livre imprimé pour le livrel). Mais il y a peu de chances pour que des usages installés depuis des siècles se modifient.</p>
<p>On peut choisir de suivre les usages en vendant le livrel à 30 % du prix du livre, soit environ 6 euros HT, en tentant de redonner une valeur marchande au texte. C’est une rupture d’usage, petite mais réelle, et l’on n’est pas certains qu’elle fonctionne. J’y reviendrai dans la seconde partie.</p>
<p>On peut aussi accepter que la valeur marchande essentielle provient d’un livre. Dès lors, qu’est-ce qu’un livre sur le Net ? Que permet le support ?</p>
<p>Dans une <a href="http://amontour.wordpress.com/2009/11/17/quelles-valeurs-accorder-au-livrel-2/">deuxième partie</a>, j’aborderai un des différents modèles d’édition (publie, cléo, site andré breton).<br />
Constance Krebs, 14 novembre 2009.</p>
<p>P.-S. Ce que vous venez de lire, c&#8217;est le texte que j&#8217;avais préparé. Mais on n&#8217;a pas parlé de ça. On a repris la présentation orale du rapport, dont le texte est en ligne <a href="http://amontour.wordpress.com/2009/10/20/presentation-du-rapport/">ici</a>, que j&#8217;ai relu en commentant. Pour ceux qui n&#8217;étaient pas connecté à Skype, en live, voici <a href="http://www.cavi.univ-paris3.fr/phalese/documents/Seminaire20092010.html">la conférence en différé</a>, avec Michel Bernard pour les notes de bas de pages, l&#8217;environnement technique et la prise de son. Faut tout faire, quand on est professeur de lettres.</p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/amontour.wordpress.com/603/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/amontour.wordpress.com/603/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/amontour.wordpress.com/603/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/amontour.wordpress.com/603/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/amontour.wordpress.com/603/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/amontour.wordpress.com/603/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/amontour.wordpress.com/603/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/amontour.wordpress.com/603/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/amontour.wordpress.com/603/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/amontour.wordpress.com/603/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=603&subd=amontour&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Entretien avec Arnaud Maïsetti, écrivain</title>
		<link>http://amontour.wordpress.com/2009/11/10/582/</link>
		<comments>http://amontour.wordpress.com/2009/11/10/582/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 08:59:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
				<category><![CDATA[edition, litterature, edition numérique, online publishing,]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Maïsetti]]></category>
		<category><![CDATA[auteur]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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		<description><![CDATA[
Cet entretien inaugure la série d&#8217;entretiens que j&#8217;ai eu avec quelques personnes depuis longtemps engagés dans l&#8217;édition numérique. Qu&#8217;ils soient ici remerciés de l&#8217;autorisation de mise en ligne de ces textes. Tous les entretiens ici publiés sont liés au rapport Livrel.
Arnaud Maïsetti, 6 mai 2009
Arnaud Maïsetti écrit. Ses premiers textes ont été publiés dans la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=582&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://amontour.files.wordpress.com/2009/11/rhizome-les-iris.jpg"><img src="http://amontour.files.wordpress.com/2009/11/rhizome-les-iris.jpg?w=300&#038;h=225" alt="Rhizome, les iris." title="Rhizome, les iris." width="300" height="225" class="alignnone size-medium wp-image-598" /></a></p>
<p>Cet entretien inaugure la série d&#8217;entretiens que j&#8217;ai eu avec quelques personnes depuis longtemps engagés dans l&#8217;édition numérique. Qu&#8217;ils soient ici remerciés de l&#8217;autorisation de mise en ligne de ces textes. Tous les entretiens ici publiés sont liés au rapport <em>Livrel</em>.</p>
<p><strong>Arnaud Maïsetti, 6 mai 2009</strong><br />
Arnaud Maïsetti écrit. Ses premiers textes ont été publiés dans la collection Déplacements que François Bon a dirigé au Seuil avec Bernard Comment avant de lancer Publie.net – où Arnaud Maïsetti l’a suivi.</p>
<p><strong>A. M. : </strong>Publie.net est une coopérative d’auteurs, au sens où aujourd’hui tout est convergence et rhizome. Il n’y a plus de hiérarchie. Il n’est plus question d’un père et de ses enfants, ou d’une figure et d’épigones, il y a un noyau de convergence et des relations, virales. Il n’y a plus de verticalité. François Bon applique ça à tout. C’est une manière de mettre en relation les gens. L’un rencontre l’autre au niveau de la charge symbolique que son travail représente. La légitimité vient dès lors d’une pratique et non pas d’un statut, de la pratique et non pas du statut. D’où l’importance du rhizome. Le travail est valide parce qu’il est visible. Sinon, ce n’est pas la peine. Chaque travail effectué doit donc être visible en ligne. C’est la raison pour laquelle, même les recherches universitaires, dans leur magma, doivent être visibles en ligne.<br />
L’institution ? Je n’ai pas de relation avec les maisons d’édition, qui sont des institutions, mais avec l’éditeur, et c’est une relation de travail. Sinon, je n’ai aucune relation avec ce que préconise les institutions  taux de TVA, DRM, prix unique du livre&#8230; Tout ça, ce sont des combats d’arrière garde. Ils ont déjà perdu. Au XVIIe siècle, l’enjeu des droits d’auteur était un enjeu de propriété : à qui appartenait l’œuvre ? Dans un siècle où le théâtre dominait culturellement et économiquement, la question était étroitement liée au rôle social et aux codes législatifs du théâtre. À l’époque, la pièce appartient à la troupe qui la joue – non à l’auteur qui l’a écrite : Corneille, le premier, tente d’imposer le droit d’auteur avec l’idée du droit moral du créateur sur son œuvre : pour cela, il tente de publier ses pièces – ce faisant, l’œuvre devient propriétaire de l’imprimeur. Il faudra attendre un siècle et Beaumarchais pour que le droit d’auteur soit véritablement conçu pour l’auteur – mais le texte reste (encore aujourd’hui) propriété de l’éditeur. Si l’auteur est le garant moral (le mot auteur est directement issu du latin auctor, qui veut dire « garant »), l’éditeur est le véritable propriétaire légal de l’œuvre, c’est lui qui en dispose comme il l’entend (et même soixante-dix ans après la mort de l’auteur, en France…) – les combats qui me semblent utiles à mener portent d’ailleurs précisément sur ces points : l’auteur peut-il être enfin le propriétaire de son œuvre ? C’est-à-dire : aura-t-il, un jour, la possibilité de disposer comme il l’entend de son texte ? Si un auteur veut sortir son œuvre du circuit commercial, l’amender, l’augmenter, en proposer une version numérique (etc.), il le peut, mais doit pour cela demander l’autorisation à son éditeur – qui inclut bien souvent des closes limitant l’usage du texte par son auteur. C’est cet usage du texte, libre et total, que l’auteur doit aujourd’hui s’efforcer de gagner : c’est à un tel usage libéré du texte auquel je rêve. </p>
<p>Barthes indique assez clairement la mort (même si en grande partie dans son esprit symbolique) de l’auteur. L’auteur meurt de ce qu’il écrit, dit aussi Blanchot, c’est le principe de la tache aveugle.  Dès lors, ce qui compte, ce n’est finalement pas l’auteur, mais le texte : le texte, lui, demeure, quoi qu’il arrive, vivant de ce qu’on le lit, encore et encore. Libéré le texte de son auteur, faire de son usage, un usage libéré de la lecture, c’est également la grande tâche qui nous attend.<br />
Pour en revenir à l’auteur, et aux problèmes des droits d’auteur, ceux-ci ne doivent pas à mon sens se limiter aux seuls revenus des ventes de ses livres : un auteur ne peut être tributaire des ventes de son œuvre, non pas seulement parce que les ventes s’érodent aujourd’hui, mais parce qu’il en va de son statut moral, de son rôle, de son activité. Un auteur devrait donc pouvoir vivre par exemple de lectures payantes, rémunérées, comme on rémunère les acteurs de théâtre, comme en Allemagne.<br />
Les institutions auront toujours tort sur les pratiques. Pourtant, elles s’y mettent, parce que les éditeurs ont conscience aussi que la valorisation de la figure de l’auteur (par ces lectures, ces interventions…) auront pour corollaire la valorisation (et pas seulement financière) du livre, de l’écrit, et finalement de la pensée : c’est pourquoi, les maisons d’édition prêtent de plus en plus une oreille attentive à tous ces processus d’ouverture qui pourraient permettre de ne pas limiter les revenus de l’écrivain aux seuls droits d’auteur – par exemple, Thierry Pech, au Seuil, est ouvert. Les hommes d’affaires s’emparent de ce mode d’édition contraire au capitalisme et, un jour, l’équilibre se fera. </p>
<p><strong>C.K.</strong> Quels sont les besoins d’un auteur en ligne ?</p>
<p><strong>A.M. </strong> Les besoins sont en partie technologiques, il faut sans cesse refondre le site. Pour cela il faut de la patience, de la pratique, de la persévérance. Pour les enfants, qui sont nés avec Internet, ce sera tout simple, mais pour nous&#8230; C’est une dynamique. Quand les digital natives s’empareront véritablement de l’outil numérique, Internet va prendre une dimension supérieure, et nous serons bien forcés de suivre ! Et en même temps, on se heurte à notre impuissance. De même quand on écrit, on construit avec nos bornes – on construit nos phrases avec un réservoir fini de mots, de même construit-on nos sites, avec un réservoir fini de compétences techniques : mais ce qui compte, ici comme là, c’est d’éprouver nos limites, pour en faire notre territoire. La technologie nous pousse à aller jusqu’à l’extrême limite de notre impuissance. Il faut tout tenter ; on apprendra de tout ça. Il faut donner à l’erreur sa grande chance. Il ne faut pas attendre qu’on nous impose l’outil : il faut nous rendre maître et possesseur de l’espace dans lequel on parle : si nous ne le faisons pas, dans quelques années, ce sera des géants industriels (type amazon, google, microsoft ?) qui s’empareront de ces outils et les formateront pour leurs besoins – et non les nôtres. Il faut dès aujourd’hui que les auteurs façonnent ces espaces (leur site, etc.) parce qu’il est fondamental que l’espace soit occupé lorsque ces géants voudront l’investir.. Que ce soit les gens du milieu qui réfléchissent à ça est même vital. Agissons localement. Une sensibilité technique, très étonnante, apparaît. La langue est un outil. Construire un site, c’est construire un espace. Deleuze et Guattari disaient qu’il fallait trouver un endroit pour vivre et y mourir. La déterritorialisation du Net, son absence de territoire réel, permet justement de trouver partout un espace pour vivre, pour écrire.</p>
<p>Internet, c’est un milieu, non au sens d’endroit stable, d’entre-deux consensuel, mais en terme d’espace de relation, d’échange – au sens où l’emploi Deleuze et Guattari dans Mille Plateaux : « C&#8217;est que le milieu n&#8217;est pas du tout une moyenne, c&#8217;est au contraire l&#8217;endroit où les choses prennent de la vitesse. Entre les choses ne désigne pas une relation localisable qui va de l&#8217;une à l&#8217;autre et réciproquement, mais une direction perpendiculaire, un mouvement transversal qui les emporte l&#8217;une et l&#8217;autre, ruisseau sans début ni fin, qui ronge ses deux rives et prend de la vitesse au milieu. » Internet, pour la création littéraire du moins, c’est à la fois le lieu de l’échange et sa vitesse, c’est à la fois l’outil qui met en relation, et l’articulation des mondes qui fondent la relation.<br />
C’est cela qui est merveilleux. Je n’ai jamais rencontré autant de gens, autant de travaux qui me correspondent. Musique, livres, j’ai soudain accès à une richesse culturelle sensible, esthétique&#8230; Internet n’est pas un espace de la solitude et du renfermement : c’est celui de la relation, totale, immédiate, constante. La solitude est celle du travail, de l’élaboration lente et personnelle de sa langue : la relation est ce qui donne sens, littéralement, à ce travail, à cette langue qui nous permet de reconnaître et de partager le monde. C’est un monde entre, qui crée la relation : L’art, c’est ce qui rend la vie plus belle que l’art. Eh bien, le Net c’est ça. Je suis passionné par Koltès, Walter Benjamin, Paul Klee. Chez les trois, la rencontre est une pratique, et cette pratique est engagée dans un rapport au monde, dans un rapport au corps. Cette rencontre avec des pratiques qui me sont essentielles, je la fais sur la Toile. Pour terminer, je citerai cette phrase de Koltès (qui n’a pas connu Internet), pour dire combien c’est un formidable espace de réappropriation du monde, immense page blanche où tous nous avons la charge, par des moyens tous différents, de raconter un peu le récit de ce monde : « Pour ma part, j’ai seulement envie de raconter bien, un jour, avec les mots les plus simples, la chose la plus importante que je connaisse et qui soit racontable, un désir, une émotion, un lieu, de la lumière et des bruits, n’importe quoi qui soit un bout de notre monde et qui appartienne à tous. » Cette tâche, Internet nous permet de l’endosser parce qu’il est plus qu’un instrument qui nous permet de raconter, il est l’interface où la reconnaissance se fait, et l’appartenance et le partage. </p>
<p><strong>Liens</strong><br />
Carnets, son blog, à lire et à relire (erreur 404 le jour où je met en ligne ce billet).<br />
Chez Publie.net : <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article124">Anticipations</a>, 2009 ; un essai sur Bernard-Marie Koltès, <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article65">Seul, comme on ne peut pas le dire</a>, 2008.<br />
Aux éditions du Seuil, dans la collection Déplacements, Où que je sois encore&#8230;, 2008<br />
Aux éditions de La Nuit Myrtide, <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article230">La Mancha</a>, avec J. Liron, 2009 (repris sur Publie.net, en septembre 2009)</p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/amontour.wordpress.com/582/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/amontour.wordpress.com/582/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/amontour.wordpress.com/582/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/amontour.wordpress.com/582/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/amontour.wordpress.com/582/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/amontour.wordpress.com/582/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/amontour.wordpress.com/582/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/amontour.wordpress.com/582/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/amontour.wordpress.com/582/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/amontour.wordpress.com/582/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=582&subd=amontour&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Rhizome, les iris.</media:title>
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		<title>De l&#8217;édition en ligne, site André Breton</title>
		<link>http://amontour.wordpress.com/2009/11/05/site-breton-de-ledition-en-ligne/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 12:45:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
				<category><![CDATA[edition, litterature, edition numérique, online publishing,]]></category>
		<category><![CDATA[#DHDM]]></category>
		<category><![CDATA[André Breton]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
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		<category><![CDATA[remue.net]]></category>

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		<description><![CDATA[Hier matin, travail de préparation avec Anne-Laure Brisac, éditrice en charge du séminaire &#8220;Nouvelles formes d’éditorialisation et communautés virtuelles&#8221; à l’Institut National d’Histoire de l’Art, auquel elle m’invite à participer jeudi 5 novembre à 18 heures (c&#8217;est aujourd&#8217;hui, 2 rue Vivienne à Paris). En voici le support de cours.
1. Rappel historique (20 mn)
 1.1. De [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=567&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><div id="attachment_572" class="wp-caption alignnone" style="width: 120px"><a href="http://amontour.files.wordpress.com/2009/11/andre.jpg"><img src="http://amontour.files.wordpress.com/2009/11/andre.jpg?w=110&#038;h=138" alt="André Breton, (c) Atelier André Breton." title="André Breton, (c) Atelier André Breton, DR." width="110" height="138" class="size-full wp-image-572" /></a><p class="wp-caption-text">André Breton, (c) Atelier André Breton.</p></div>
<p>Hier matin, travail de préparation avec Anne-Laure Brisac, éditrice en charge du séminaire &#8220;Nouvelles formes d’éditorialisation et communautés virtuelles&#8221; à l’Institut National d’Histoire de l’Art, auquel elle m’invite à participer jeudi 5 novembre à 18 heures (c&#8217;est aujourd&#8217;hui, 2 rue Vivienne à Paris). En voici le support de cours.</p>
<p><strong>1. Rappel historique (20 mn)</strong><br />
<strong> 1.1. De 00h00.com à AndreBreton.fr, le site</strong><br />
Mon expérience en matière d&#8217;édition électronique tient en peu de mots : zéro heure. Le site de 00h00 consistait à éditer en ligne des textes, qui ressemblaient beaucoup à des livres, sauf exception. Il n&#8217;y a pas d&#8217;archive 00h00, donc je ne peux rien vous montrer. Mais les fichiers proposés à la vente étaient des fichiers PDF, téléchargeables depuis une boîte aux lettres. Sur le site, les éditeurs rédigeaient biographie de l&#8217;auteur, notices et argumentaires de presse pour chaque ouvrage &#8211; outre le travail éditorial sur les textes, la mise en page et la mise en ligne, relation avec les auteurs et les éditeurs à diffuser ou diffusés. On éditait un ouvrage par jour, cinq ouvrages par semaine. Des classiques, des ouvrages diffusés et des ouvrages que nous avions choisi d&#8217;éditer en ligne. Ces trois catégories d&#8217;édition nous permettaient de publier rapidement beaucoup de livrels. La masse, en ligne, est essentielle. Elle permet de se démarquer.</p>
<p>Le site, conçu par l&#8217;équipe actuelle de GiantChair, recoupait plusieurs champs. Un salon, où les internautes pouvaient laisser des commentaires après inscription. Une page sur les auteurs avec des onglets pour chacun d&#8217;eux, une autre sur les textes avec des onglets pour chacun, un forum, un &#8220;chat&#8221;, etc. Voilà pour le front office. Dans le back office, on suivait les recommandations de l&#8217;équipe technique et de Pascale Lebel, la webmaster éditoriale. Il s&#8217;agissait d&#8217;écrire les notices en fonction des robots que sont les moteurs de recherche. Pour les argumentaires nous étions plus libres. Altavista et Yahoo pointaient sur les sites en fonction de l&#8217;ordre alphanumérique, d&#8217;où le nom de la maison d&#8217;édition &#8211; deux zéros viennent avant l&#8217;A. En outre, ils recensaient les livres selon l&#8217;url de chaque page, bien sûr, mais aussi en fonction des mots utilisés dans le texte de présentation, ce que j&#8217;appelle la notice. Aussi ce texte devait-il être concis, clair, c&#8217;est-à-dire sans ambigüité. C&#8217;était le chapô de l&#8217;argumentaire en quelque sorte, d&#8217;où tout jeu de mots était impossible. Une école d&#8217;écriture&#8230; (quand je vois les archives envoyées par cm, je pense que la mémoire arrange les choses.)</p>
<p>GiantChair est un développement d&#8217;une société de services éditoriaux numériques. C&#8217;est une société de services pour les éditeurs de revues universitaires, principalement. Andrebreton.fr, comme d&#8217;autres sites de la société sans doute, est un développement de 00h00. Le hasard des réseaux a conduit Aube et Oona Elléouët, fille et petite-fille d&#8217;André Breton, jusqu&#8217;à GiantChair pour la mise en forme du nouveau site consacré à la collection d&#8217;André Breton. Cory McCloud m&#8217;a demandé de rédiger les notices, de revoir les textes de chaque fiche lorsque c&#8217;est nécessaire, de jouer le rôle de webmaster éditorial &#8211; qui consiste en fait à écrire. </p>
<p>Si 00h00 était de l&#8217;édition numérique, le site AndreBreton.fr est bel et bien de l&#8217;édition en ligne. En 1998, on travaillait les textes des auteurs sous Word avant d&#8217;en faire un PDF; on écrivait notices et argus sous le même logiciel de traitement de texte avant de les envoyer par mail, en pièce jointe, à la webmaster qui les transcrivait en html pur jus. Vous vous souvenez peut-être : e;acute, e;agrave, etc. qu&#8217;il fallait saisir dans leur intégralité. (On relisait par-dessus l&#8217;épaule de la webmaster les moindres lettres qui devaient s&#8217;afficher une fois qu&#8217;elle avait tout envoyé au prestataire de service, qui vérifiait à nouveau, relisait à son tour, et mettait en ligne. À ce moment-là, bien sûr, on se rendait compte d&#8217;une erreur pas vue l&#8217;instant d&#8217;avant, et on recommençait. Rapidement, on a mis en ligne directement sans passer par le prestataire. Le référencement était fait par la webmaster également.)</p>
<p>Aujourd&#8217;hui le référencement se déroule par des mots corrélats (en bas de l&#8217;écran, <a href="http://andrebreton.fr/">voir le lien</a>), par des partage de fil (<a href="http://www.andrebreton.fr/item/?GCOI=56600100499480">voir le lien</a>), par des notices écrites en fonction (<a href="http://www.andrebreton.fr/catalogue/?category_id=252">voir le lien</a>). Surtout, le site est une encyclopédie qui ne pourrait être imprimée. Elle est vouée à la vie, au mouvement perpétuel.<br />
Le salon de 00h00 ne fonctionnait pas. À cela plusieurs raisons : l&#8217;inscription empêchait toute spontanéité, la fenêtre n&#8217;était reliée à aucun texte précis, et il y avait peu d&#8217;internautes. Désormais, les <a href="http://www.futureofthebook.org/commentpress/">commentaires de blogs</a> fonctionnent, les <a href="http://thegoldennotebook.org/">commentaires de textes</a> aussi. Les wikis tout autant. Ils permettent de se lancer, sachant que quelqu&#8217;un de mieux qualifié corrigera. C&#8217;est ce qui se passe dans les blogs : combien de blogueurs corrigent leurs billets à la suite des remarques des lecteurs? Comme dans les wikis : les barcamps se construisent sous la forme de wikis; chacun des organisateurs et des invités y élaborent la journée d&#8217;étude à venir, on raye, on réécrit, on élabore; l&#8217;incertitude et le doute invitent au dialogue et font avancer. On travaille en partage, et à son rythme. Les textes, s&#8217;ils sont imprimés sur du papier, se montrent parfois rapidement obsolètes. L&#8217;édition imprimée, dans ce cas, n&#8217;a plus de sens. C&#8217;est ce que Marin Dacos et Pierre Mounier appellent de l&#8217;édition en ligne. Sans ambigüité.</p>
<p>Passer de la littérature générale à la littérature académique, savante, crée des contraintes. Les wikis et les commentaires ne sont pas mis en ligne sans approbation. La mauvaise réputation du web incite à plus de rigueur encore qu&#8217;avec l&#8217;édition imprimée. Le web ne cache rien, il ne perd pas grand-chose, quelques 404 de temps en temps, mais sinon&#8230; Tout demeure, à moins qu&#8217;on ait la main pour le modifier. De webmaster-rédacteur-modérateur, on passe à ce qu&#8217;on appelait autrefois chez Bordas directeur éditorial : on forme un comité scientifique, que les ayants droit dirigent. On monte une équipe qui vérifie ce qu&#8217;on lui envoie quand on n&#8217;est pas sûre &#8211; pour l&#8217;instant composée de Jean-Michel Goutier, Jacqueline Chénieux-Gendron, Gilles Mioni et Henri Béhar pour la littérature ; Gilles Bounoure pour les arts d’Océanie, Marie Mauzé pour les arts des Amériques ; Denis Montebello pressenti pour les arts populaires ; David Fleiss pour les photographies, Marcel Fleiss pour les arts graphiques et tableaux modernes. On relit, on met en forme, on édite, on met en ligne. (En anglais, &#8220;edit this title&#8221; signifie &#8220;modifiez ce titre&#8221;.) On fait l&#8217;interface avec l&#8217;équipe technique, avec les ayants droit, avec le comité scientifique et les amateurs qui donnent un coup de main. On est un entonnoir à plusieurs tuyaux de sortie. On coordonne. </p>
<p><strong>1.2. La vente, son déroulé et son objet </strong><br />
Le site Breton est né de la vente de la collection. Celle-ci a eu lieu en avril 2003 après de nombreuses opérations, décrites par Jérôme Dupuis, dans l&#8217;<a href="http://remue.net/litt/breton_08Express.html">Express</a>. Pour ce qui est de la vente Breton, l’élément déclencheur fut la nécessité de « vider les lieux » assez rapidement même si Aube Elléouët s’était efforcée depuis plusieurs années de penser au devenir de la collection de son père. L’appartement rue Fontaine ne pouvait pas être transformé en musée et il s’agissait d’une location que voulait « récupérer » son propriétaire. Les pouvoirs publics se sont il faut bien le dire franchement désintéressés de ce problème malgré la visite de trois ministres de la culture qui avaient souligné la valeur patrimoniale inestimable de l’ensemble. On peut consulter Remue.net, revue littéraire associative qui, à peine constituée, a monté un <a href="http://remue.net/litt/breton_01.html#JG">comité de défense</a> conduit par <a href="http://remue.net/litt/breton.html">François Bon</a>, <a href="http://freenet-homepage.de/autres-espaces/breton_vente.htm">Laurent Margantin</a>, Mathieu Bénezet et quelques <a href="http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/2009/01/17/andre-breton-a-t-il-dit-place/">amis</a>. Mais trop tard&#8230; Devant l’absence de solution, il a bien fallu se résigner à <a href="http://remue.net/litt/breton_infos.html">vendre</a>. Et la vente était enclenchée. Tout est dispersé depuis.</p>
<p>Apparaît dans la personnalité de Breton le fait qu&#8217;il lui arrivait de vivre, en toute extrémité, de ventes de peinture et d&#8217;objets primitifs. D&#8217;ailleurs il vivait pour l’art. Il était découvreur (Max Ernst, Picasso, Dali ont été découverts par lui avant guerre). Je crois qu&#8217;on peut dire qu&#8217;il avait l&#8217;oeil, simplement. Lévi-Strauss évoque cela en parlant de leurs promenades aux puces de Saint-Ouen, lorsqu&#8217;ils échangeaient leurs avis sur ce qu&#8217;ils dénichaient. Les œuvres dont il se dépossédait n’avaient qu’un seul but, en acheter une autre ou faire face à des besoins matériels pressants. Il fonctionnait par coup de cœur, loin des logiques spéculatives. Une agate ramassée dans le Lot, un galet, pouvait avoir autant d’importance à ses yeux qu’une œuvre d’art bien établie. On le voit dans le texte de Gracq, l&#8217;atelier est le surréalisme, &#8220;Il y avait ici un refuge contre tout le machinal du monde.&#8221; La vente a été envisageable, du moins rendue acceptable, dès lors que la numérisation des objets était possible. En consolation, la succession Breton s&#8217;est dit que les objets allaient revivre dans d&#8217;autres collections, dans le site, ou retrouver leurs cultures d&#8217;origine.</p>
<p><strong><br />
1.3. L&#8217;esprit du site : interactif et ouvert à tous.</strong><br />
Et on organise tout cela en fonction de ce qu&#8217;on a non pas entre les mains, mais sous les yeux, avec la définition disponible, et un clavier sous les doigts.<br />
&#8220;J&#8217;offre le surréalisme au monde&#8221;, nous a dit Aube en réunion. Tout l&#8217;atelier de la rue Fontaine et davantage. Les objets présents dans la maison de Saint-Circq, les tableaux, les oiseaux, papillons, les cailloux, les boîtes, les sculptures, les racines, les masques (restitués mais en ligne), les lettres dépliées lorsque le moment sera venu, en 2016 (sauf pour les lettres à Aube qui ont une clause d&#8217;exception), transcrites (mises à nue par les lecteurs même), les liens, les photos où l&#8217;on reconnaît un tel que personne n&#8217;avait jusqu&#8217;alors identifié. L&#8217;encyclopédie elle-même est surréaliste. Elle est merveilleuse. Elle est unique et multiple. Elle est mouvante &#8211; et à une seule adresse. </p>
<p>Visite du <a href="http://www.andrebreton.fr">site</a>. Et deuxième partie.</p>
<p><strong>2. site (20 mn)</strong><br />
<strong> 2.1. les vitrines, les fonds, un premier aperçu</strong> Logique de l&#8217;index, ou des rubriques : ces dernières reprennent dans ses grandes lignes la classification du catalogue de la vente. C’est une logique construite à partir des différents types de support. Les ayants droit veulent, par ce site, poursuivre le travail du surréalisme en faisant connaître les artistes moins connus du grand public (Wifredo Lam, Toyen), les formes d&#8217;art délaissées (publicité, photographie, art populaire). Dans un mode d&#8217;édition qui permette à tout le monde, en toute langue, de participer à l&#8217;élaboration du site. Pour l&#8217;instant on peut le faire en français et en anglais. On viendra vite aux autres langues écrites. Qui sait si nous n&#8217;aurons pas des nouvelles du masque restitué en Colombie britannique, dans la langue des Indiens &#8211; est-ce un rêve ? </p>
<p><strong>2.2. Différences entre un catalogue de vente aux enchères et un site encyclopédique</strong><br />
Ordre des termes dans le catalogue, état de la pièce, pièce exposée ou non, c&#8217;est-à-dire avec ou sans image, mise à prix, etc. Surtout, ni l&#8217;un ni l&#8217;autre n&#8217;ont grand-chose à voir. On construit autre chose, une base relationnelle conçue pour le multi-support. Cela n&#8217;a rien à voir avec un livre, rien à voir avec un catalogue, ni avec une tablette de lecture.<br />
Un méta-identifiant fixe est au-dessus des objets pour rendre le mouvement envisageable. C&#8217;est un mobile, en quelque sorte, à plusieurs axes, plusieurs index, qui sont autant de clés de voûte. C&#8217;est mouvant, sur une base statique de signifiants: Les classements se font donc par thèmes et <a href="http://www.andrebreton.fr/catalogue/?category_id=251">catégories</a>. Mais aussi par contributeur. Par personne citée. Par date. Par corrélats. Par titre.<br />
Thèmes et contributeurs sont évidemment en rapport avec l&#8217;oeuvre, avec la chronologie (en cours) qui sera fondée sur la chronologie d&#8217;André Breton du catalogue avec un lien par date vers chacune des oeuvres auxquelles Breton s&#8217;est intéressé et des dates auxquelles elles ont été façonnées, publiées.</p>
<p>En plus de cette architecture à trois dimensions, qui n&#8217;est pas celle d&#8217;un catalogue raisonné, il existe des liens vers des interventions extérieures : Les commentaires, les wikis, les liens vers d&#8217;autres sites en relation, les icônes de partage. On retourne au merveilleux de la collection, sans indexation tarifaire, sans valeur annoncée. Chacun peut étudier un objet (loupe), l&#8217;accaparer, le diffuser pour partager son enthousiasme. C&#8217;est le web des réseaux sur le web des données. La hiérarchie correspond davantage aux modes de pensée, souvent aléatoires, qu&#8217;au mode de classement, savant. L&#8217;encyclopédie est, en ce sens, surréaliste.</p>
<p><strong>2.3. L’avantage de l’édition en wiki et en commentaires</strong><br />
Des inconnus peuvent apporter des infos, ils peuvent élaborer leurs recherches et les compléter au même instant. Le surréalisme appartient à tout le monde, comme ce qui l&#8217;a provoqué. C&#8217;est un retour au merveilleux. On va s&#8217;y essayer. Chaque commentaire, chaque wiki est modéré. Je fais l&#8217;entonnoir, et les tuyaux dirigent vers tel ou tel spécialiste. Le premier qui répond a gagné. Et je <a href="http://www.andrebreton.fr/administrator/commentaries/index.cfm?fuseaction=approved">valide</a>, ou je <a href="http://www.andrebreton.fr/administrator/commentaries/index.cfm?fuseaction=refused">refuse</a>.</p>
<p><strong>3. TP. les modifications d’une fiche et problèmes techniques divers (20 mn) </strong><br />
<strong>3.1. Front office </strong><br />
Comment répartir les lots? <a href="http://www.andrebreton.fr/item/?GCOI=56600100371830">ici</a> et <a href="http://www.andrebreton.fr/item/?GCOI=56600100251910">là</a> faut-il séparer ces photos-là ?<br />
Image trop large qui chasse le texte (réparé depuis, je ne trouve plus d&#8217;exemple).<br />
Absence de photos pour les objets jugés sans importance. Et pourtant, qu&#8217;on aimerait les voir, au moins, ces <a href="http://www.andrebreton.fr/catalogue/?category_id=271">drôles de tampons</a>.<br />
Définition trop faible pour l&#8217;objet et pour la loupe. <a href="http://www.andrebreton.fr/livre/?GCOI=56600100167840">Les moules à hostie</a>, photographiés tous ensemble alors que chacun est intéressant, en basse définition.</p>
<p><strong>3.2. GiantChair travaille sur la publication de livres</strong><br />
Adaptation du site pour éditeurs à un site pour la collection André Breton. Une base relationnelle développée pour le surréalisme, mais sans métadonnées Dublin Core, dont le seul XML est la norme Onix. Ce n&#8217;est pas un catalogue raisonné. C&#8217;est un wiki. Moissonné suffisamment souvent pour ne rien perdre. Il reste quelques impondérables, en cours de réparation : champ biblio mais pas de champ exposition. Faut-il préciser les métiers des contributeurs par un champ : auteurs/artistes (photographe, peintre, dessinateur)? Pas sûr que ce soit très utile à la navigation du site.<br />
Montrer &#8220;<a href="http://www.andrebreton.fr/administrator/Catalog/Title/B2B/?Title_ID=6250">exports pro</a>&#8221; et BNF, Onix, Amazon avec Lettres à Aube comme exemple.<br />
Lien vers Google Edition avec <a href="http://www.andrebreton.fr/item/?GCOI=56600100455340">Primitive Arts</a>.</p>
<p><strong>3.3. Le back office : TD sur une fiche</strong><br />
<a href="http://www.andrebreton.fr/item/?GCOI=56600100036430">La huitième clé de Basile Valentin</a><br />
ou<br />
<a href="http://www.andrebreton.fr/item/?GCOI=56600100230031">Remerciement au Christ pour avoir été sauvé d&#8217;une morsure de chien</a><br />
ou<br />
<a href="http://www.andrebreton.fr/item/?GCOI=56600100900570">Plaque d&#8217;ardoise portant des signes en langue arabe gravés</a><br />
Montrer les commentaires et les wikis.</p>
<p>Maintenant, il reste 6240 fiches à relire et à corriger, des traductions à rédiger, des images à retrouver pour les mettre en ligne, des lettres à publier (pas avant 2016), des enregistrements et des vidéos à diffuser (en fonction des droits qu&#8217;il faudra acquérir). Bref, une ambiance, un ton, un esprit et un souffle à offrir. &#8220;Lâchez tout!&#8221; Je réponds vite.</p>
<p>(je suis sûre que ça va prendre plus de 20 minutes par partie).</p>
<p>Constance Krebs, 5 novembre 2009.</p>
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			<media:title type="html">André Breton, (c) Atelier André Breton, DR.</media:title>
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		<item>
		<title>Soutien, ou désaveu ?</title>
		<link>http://amontour.wordpress.com/2009/10/27/soutien-ou-desaveu/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 05:45:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://amontour.files.wordpress.com/2009/10/cul-de-sac.jpg"><img src="http://amontour.files.wordpress.com/2009/10/cul-de-sac.jpg?w=300&#038;h=224" alt="cul de sac" title="cul de sac" width="300" height="224" class="alignnone size-medium wp-image-563" /></a></p>
<p>Trois fois que je réécris cette première phrase, alors autant l’enlever. Deux mois pour que le Motif publie en ligne, discrètement, le rapport qu’il a commandé. Six mois de travail, neuf prévus mais trois oubliés apparemment, 50 entretiens, deux conférences dont une avec Bob Stein dont le public qui n’était pas présent ce jour-là ne saura malheureusement rien alors que le texte est traduit, transcrit, la conf filmée. De l’usage de l’argent public.</p>
<p>Je vous laisse juges :</p>
<blockquote><p>Dans le cadre de ses travaux sur le livre numérique, le MOTif a commandé à Constance Krebs, un rapport sur l’histoire et les enjeux du numérique qui est désormais en ligne.</p>
<p>Editrice en ligne, pionnière du livre numérique avec la maison d’édition 00h00.com, aujourd’hui disparue, il nous a semblé pertinent de demander à Constance Krebs de retracer l’histoire du numérique, d’en définir les enjeux actuels et de recueillir l’opinion d’une cinquantaine de personnalités du monde du livre et de la bouquinosphère.</p>
<p>Nous avons laissé Constance Krebs s’exprimer librement sur les conclusions qu’elle tirait de son travail. Le MOTif n’en partage pas pour autant toutes les conclusions, ni a fortiori les recommandations, mais en tant qu’observatoire, le MOTif souhaite apporter cette contribution au débat public.</p>
<p>Ce document est pour nous un élément de plus, à l’instar de l’étude EbookZ ? sur le téléchargement illégal, qui doit nourrir les nombreuses réflexions en cours.</p></blockquote>
<p>J’insiste pourtant sur les recommandations, qui sont vitales pour la profession. Nous changeons d’ère. La casse sera sans précédent. Mais je crois que d’autres le comprennent, qui savent que libraires, éditeurs, diffuseurs et auteurs n’ont qu’à se mettre au diapason des lecteurs, aujourd’hui en ligne, et gages de qualité (si, si). Tout simplement. On n’arrête pas la mer.</p>
<p>Le MOTif remplit sa mission d’observatoire. Il observe. Cependant, j’aurais aimé connaître ses points de désaccord. Pour qu’un débat public s’installe, il faudrait des pistes ; pointer les arguments qui appellent leurs contre-arguments. Apporter la contradiction. Mettre en perspective. Or voici le problème : aucun débat contradictoire n’a été apporté par l’observatoire.</p>
<p>Quel débat donc ? Le débat est-il si criant d’actualité quand Google Edition arrive ? Quel débat quand tout ce qui est écrit dans ce rapport provient du terrain, quand tout ce qui y est relaté est actuellement en place sur la toile ? Quel débat quand rien de ce que j’ai écrit ne constitue une opinion ? Il n’y a aucune doxa dans ce rapport, il n’y a que des faits. En revanche cet observatoire qu’est le MOTif montre tout un paradoxe dans l’injonction incantatoire du débat sans enjeu avancé : débattez, nous ne sommes pas d’accord mais nous vous dirons notre opinion à l’issue des débats. Quelles raisons peut-on encore trouver à discuter dans ces conditions ? Pour quels motifs ?</p>
<p>Certes, nul ne peut tout savoir, mais une institution qui cache les choses, qui ne les met pas en valeur quand bien même elle les a commanditées porte la responsabilité d’une analyse à courte vue, ou d’une absence d’analyse. Quelle position prend le Motif ? On aurait pu envoyer quelqu’un au bout des idées analysées dans ce rapport, laisser son auteur développer les recommandations et préconisations pour l’avenir d’une profession devant la presse, les élus, ladite profession pour susciter le débat justement : on a préféré n’en rien faire. Je crois sincèrement défendre les libraires en donnant les éléments de la réalité ; je crois, avec autant de sincérité, défendre les bibliothécaires, auteurs, éditeurs et les distributeurs de même. Il faut que l’ensemble de la profession soit au courant de ce qui advient, ici et maintenant, et que je décris. Il ne s’agit en aucune manière de prospective. À la lecture de ce rapport, le véritable débat consiste en une seule question : Et maintenant qu’on sait ce qui est en jeu, que fait-on ? Comment ré-agir ? Les recommandations visent à apporter des éléments de réponse.</p>
<p>Constance Krebs, 27 octobre 2009.</p>
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		<title>Livrel, rapport sur les enjeux du numérique</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 18:12:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Le voilà&#8230; Parallèlement à la mise en ligne du Motif, Amontour met en ligne le rapport que le Motif a commandé. Pour montrer les effets de réseau. Relu par le commanditaire, par quelques confrères amis, c&#8217;est un rapport que je soutiens, avec Le Motif. Ce rapport cherche éditeur, cela va sans dire.
C Krebs Rapport livre [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=553&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://amontour.files.wordpress.com/2009/10/mur-ordi.jpg"><img src="http://amontour.files.wordpress.com/2009/10/mur-ordi.jpg?w=195&#038;h=260" alt="mur ordi" title="mur ordi" width="195" height="260" class="alignnone size-full wp-image-559" /></a></p>
<p>Le voilà&#8230; Parallèlement à la mise en ligne du Motif, Amontour met en ligne le rapport que le Motif a commandé. Pour montrer les effets de réseau. Relu par le commanditaire, par quelques confrères amis, c&#8217;est un rapport que je soutiens, avec Le Motif. Ce rapport cherche éditeur, cela va sans dire.</p>
<p><a href='http://amontour.files.wordpress.com/2009/10/c-krebs-rapport-livre-et-numeriqueb.pdf'>C Krebs Rapport livre et numériqueB</a></p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/amontour.wordpress.com/553/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/amontour.wordpress.com/553/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/amontour.wordpress.com/553/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/amontour.wordpress.com/553/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/amontour.wordpress.com/553/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/amontour.wordpress.com/553/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/amontour.wordpress.com/553/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/amontour.wordpress.com/553/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/amontour.wordpress.com/553/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/amontour.wordpress.com/553/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=553&subd=amontour&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Présentation du rapport</title>
		<link>http://amontour.wordpress.com/2009/10/20/presentation-du-rapport/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Oct 2009 05:47:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avant de commencer, je voudrais vous citer ce passage du Livre de sable, de Borges (folio, Gallimard, p. 51 à 53).
« De temps à autre, dit Irala [à don Alejandro dans "Le Congrès"], il faut brûler la bibliothèque d’Alexandrie.
[don Alejandro :]
« La tâche que nous avons entreprise est si vaste qu’elle englobe – je le sais maintenant [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=544&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Avant de commencer, je voudrais vous citer ce passage du <em>Livre de sable</em>, de Borges (folio, Gallimard, p. 51 à 53).</p>
<blockquote><p>« De temps à autre, dit Irala [à don Alejandro dans "Le Congrès"], il faut brûler la bibliothèque d’Alexandrie.<br />
[don Alejandro :]<br />
« La tâche que nous avons entreprise est si vaste qu’elle englobe – je le sais maintenant – le monde entier. […] Le Congrès du Monde a commencé avec le premier instant du monde et continuera quand nous ne serons plus que poussière. Il n’y a pas un endroit où il ne siège. Le Congrès, c’est les livres que nous avons brûlés. »</p></blockquote>
<p>Le livre, lieu de mémoire et de savoir, a toujours été un service. Il se décline en produits, qui sont autant de lectures, de spectacles, d’éditions diverses. Du beau livre au livre de poche.</p>
<p>La chaîne du livre&#8230; Pour les pionniers du numérique, ce terme est galvaudé. Tandis que les professionnels du secteur, eux, s’accrochent à cette chaîne qu’ils veulent à tout prix conserver. Galvaudé, pourquoi ? Parce que le Net permet une relation directe, une désintermédiation.<br />
On doit considérer le Net et la Toile comme constitutifs d’un changement d’ère. Au même titre que la langue et le nombre, le code est une nouvelle écriture.</p>
<p>C’est-à-dire que les transformations que nous vivons sont bien plus profondes que ce que l’imprimerie a pu induire. Elles provoquent plus de bouleversements que le seul changement de support d’écriture, et de lecture.</p>
<p>Dès lors, peut-on envisager le tournant à prendre avec détermination, et ouverture ?</p>
<p>S’ouvrir à de nouvelles pratiques est nécessaire.<br />
S’ouvrir, c’est passer par une économie neuve – Google est là, ici et maintenant, qui connaît le fonctionnement des réseaux. Ensemble les professionnels du livre ont la possibilité de travailler dans un sens parallèle. Pour marcher en bonne intelligence avec les autres.<br />
Autrement dit, il faut passer d’une chaîne plate à un réseau en étoile qui communiquent entre elles. Je m’explique : Dans une chaîne plate, l’auteur vend ses droits à l’éditeur qui vend au diffuseur qui vend au libraire jusqu’au lecteur final. Dans un réseau en étoile, l’auteur vend ses droits à l’éditeur qui vend le livre numérique, le livrel, comme il a toujours vendu le livre imprimé.</p>
<p>Mais en plus, dans un réseau en étoile, l’auteur diffuse l’information à propos de ce texte (extraits, compléments, événements, lectures). Il la diffuse sur son blog, et sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Friend feed, ils sont plus de 130 aujourd’hui). Toujours sur ses réseaux ou son blog, l’auteur n’accompagne plus son livre par le biais d’un site, Mais il dialogue avec ses lecteurs.</p>
<p>En plus des points de vente habituels, l’éditeur vend le livrel à l’opérateur de téléphonie qui vend à son tour, directement et par l’intermédiaire de lecteurs.</p>
<p>Le libraire quant à lui, vend le texte aux bibliothèques. C’est le principe mis en place par le diffuseur Immatériel.fr. Le libraire vend aux lecteurs qui sont aussi des revendeurs affiliés à la librairie : ce principe, identique au marketplace d’Amazon, est dispensé par les libraires indépendants. Les lecteurs vendent aux autres lecteurs à travers leurs blogs. Dès lors, la filiation en étoile se fait au moyen du commentaire et du lien hypertexte, premiers liens vivants, sociaux, entre professionnels du texte et public en ligne.</p>
<p>Alors, la chaîne du livre est conservée. Elle se démultiplie en un rhizome renforcé : Par les réseaux ; par les nouvelles pratiques ; par les usages commerciaux qui en découlent.</p>
<p>Autrement dit, l’on passe d’une logique concurrentielle à une logique de partage. C’est-à-dire de relais et d’enrichissement – et non plus de partitionnement. Basée sur le don et le contre-don, cette économie nouvelle n’exclut pas la viabilité. Bien au contraire. </p>
<p>Traditionnellement, on ne peut refuser un don – et l’on donne plus que ce que l’on reçoit. En contre-don, on reçoit davantage encore. Par exemple, un lecteur reçoit un texte moins cher s’il y ajoute, en échange, un service – le service consiste en une recommandation critique. Cette recommandation du lecteur, multipliée à l’envie, développe un réseau de critiques liés à l’éditeur ou un réseau de points de vente, liés au libraire de quartier si la recommandation est couplée à un système de marketplace. Il y a d’autres exemples, d’autres moyens pour développer des services, que l’on offre, et qui par ce fait même, entraînent une rémunération. </p>
<p>L’économie de l’offre (qui est celle des biens culturels) ne se conservera qu’en passant à l’économie de l’attention (qui vise à construire un réseau pour attirer l’attention du client sur l’aiguille au centre de la meule de foin).</p>
<p>Parce qu’on ne peut tomber dans l’économie de la demande (qui est celle des biens de première nécessité, sans saveur ni valeur particulière).</p>
<p>Dans ce but, ce rapport, fondé sur une expérience de douze années dans l’édition en ligne, quelques lectures et une cinquantaine d’entretiens, préconise :<br />
- une interopérabilité optimale des langages et des formats, selon des schémas non propriétaires, pour une commercialisation internationale, une distribution aisée, un archivage pérenne.<br />
- l’utilisation de l’isbn numérique que la Bibliothèque nationale de France a récemment mis en place.<br />
- un prix unique du livre à conserver tel qu’il est, c’est-à-dire un prix par support, et défini par l’éditeur. Le prix du livrel <del datetime="2009-10-23T16:58:58+00:00">devra être</del> pourra être d’environ 5,50 euros HT dès que l’éditeur en a la possibilité (c&#8217;est le prix du livre de poche), sous peine de voir le téléchargement illégal se développer – Matthias Daval vient de montrer pourquoi, l&#8217;étude GfK apposée au rapport Gaymard a montré que les internautes ne sont pas prêts à acheter un livre à un prix supérieur. </p>
<p>- Les ventes en bouquets, ou par abonnements, devront être proposées chez le libraire. C’est lui qui sélectionnera les bouquets, en fonction des goûts de sa clientèle. Sinon, le client ne s’abonnera qu’à l’offre d’un seul éditeur, comme il s’abonne à un seul quotidien.</p>
<p>- les droits d’auteur sont à conserver tels que, en élargissant le droit de citation, voire en ouvrant peut-être davantage vers les licences de créations contributives. Cela freinera le téléchargement illégal. Il est bon d’envisager le droit d’auteur selon des termes internationaux à l’heure où l’oeuvre de l’esprit est disponible partout, au même instant. </p>
<p>- Pour le développement des librairies, considérer le libraire comme une des « nécessaires barrières critiques » (dont parle Umberto Eco dès 2001). Par conséquent donner à l’éditeur comme au libraire la possibilité de faire imprimer à la demande (selon un petit stock de cinq à cent exemplaires) les textes dont il aura mis en avant la singularité, la saveur, la valeur.</p>
<p>Dans cette optique, des définitions du livre, de la lecture, de l’auteur sont proposées dans le rapport. Comme les préconisations ne sont que des conseils pour les professionnels, celles-ci ne sont que des pistes de réflexions pour les législateurs. </p>
<p>Elles visent à une TVA unique, à une rémunération rentable pour l’auteur. Elles souhaitent inciter à des formations aux métiers, aux pratiques qui se dessinent. Une Place des métiers, sorte d’agence de moyens techniques, de ressources humaines, et de formations sera (&#8220;serait&#8221;, a rectifié Vincent Monadé au moment de la présentation orale, j&#8217;ai répondu &#8220;dommage&#8221;) mise en place par la Région. </p>
<p>Elle mettra en relation producteurs (qu’ils soient éditeurs, bibliothécaires ou libraires) et prestataires (imprimeurs, développeurs, infographistes, formateurs, mais aussi vidéastes, ingénieurs du son, musiciens, plasticiens&#8230;).</p>
<p>Car avant toute chose, il faut former les auteurs. Leur offrir les moyens d’écrire avec les outils d’aujourd’hui. Leur offrir un endroit où rencontrer les artistes d’autres disciplines. Pour qu’ensemble, en partage, ils s’emparent de ce qui est à la portée de tous – à condition de s’y coller. Et que de ce sarment, ils fassent jaillir l’étincelle. </p>
<p>La Bibliothèque publique d’informations, du Centre Georges-Pompidou, pourrait mettre en avant ces travaux.</p>
<p>Qu’il s’agisse de texte, ou de livre étendu, comme le voit Bob Stein de l’Institut pour le Futur du livre ; comme le font depuis quelque temps déjà Philippe De Jonkheere, Xavier Malbreil, Philippe Boisnard, trois lauréats du prix des oeuvres numériques de la société des gens de lettres. Comme le font Pierre Ménard et François Bon, à la fois auteurs et éditeurs. Comme l’a vu Isabelle Aveline, dès 1996, avec Zazieweb. Un Ircam du texte, dit-elle, un labo des « bidules », <del datetime="2009-10-23T17:19:28+00:00">comme les appelle François Bon,</del> un institut pour le futur du livre francophone serait aujourd’hui un atelier bénéfique aux auteurs. </p>
<p>Ce labo des bidules, si je puis dire, permettrait de tester les développements éditoriaux qui en découleront. </p>
<p>Car les auteurs et les artistes sont ceux qui iront le plus loin dans le développement d’idées neuves et fortes.</p>
<p>Si les préconisations de ce rapport sont mises en œuvre, la chaîne du livre évoluera rapidement en un réseau d’étoiles reliées entre elles. Ces étoiles avanceront ensemble pour une culture diversifiée, des connaissances pérennes, des humanités renouvelées – bref, une culture vivace et indéracinable, comme un rhizome qui se renouvelle constamment. Et une industrie culturelle créatrice d’emplois –  économiquement viable. </p>
<p>Sinon, les professionnels du livre vont s’arc-bouter sur des acquis qui datent d’une économie ancienne. Ils risquent de se faire avaler par les monstres froids du capitalisme numérique. La sélection des textes se fera par le biais des automates. On verra des hyperbest-sellers, et de moins en moins de lecteurs pour des raretés éparses, sans modèle économique viable.</p>
<p>Ce sont les lecteurs qui vont cultiver cette littérature, cette connaissance, cette mémoire du monde par leurs commentaires, leur présence en ligne, leurs recommandations. D’ailleurs, ils le font déjà. Aux professionnels de les suivre, de s’investir, de passer du statut d’intermédiaire pour un produit à celui d’intermédiateur pour des services.</p>
<blockquote><p>« Ne pouvant me contenir davantage, je l’interrompis :<br />
« Moi aussi, don Alejandro, je suis coupable. J’avais terminé mon rapport, que je vous apporte ici, et je me suis attardé [...] »<br />
« Maintenant je comprends [poursuit don Alejandro]. Il se peut que nous ne revoyions plus, car le Congrès n’a pas besoin de nous, mais en cette dernière soirée, nous allons tous aller le contempler. »</p></blockquote>
<p>Je vous remercie de votre attention.<br />
Le texte du rapport complet, remis début septembre au commanditaire, sera bientôt disponible sur le <a href="http://www.lemotif.fr/fr/e-motif/bdd/article/670">site du Motif</a> (ça prend un peu de temps).</p>
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		<title>Se repérer en ligne</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 07:45:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Un cadeau, pour ceux qui s&#8217;intéressent de près ou de loin à la recherche documentaire en ligne. Lisez ce petit guide, disponible en papier, disponible sous Issuu et PDF. La bible publiée par l&#8217;Enssib s&#8217;intitule Repère et ça lui va si bien. C&#8217;est la cinquièe édition. Elle date de septembre 2009 pour le papier, les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=270&subd=amontour&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><img src="http://amontour.files.wordpress.com/2009/10/reperes.jpg?w=300&#038;h=269" alt="repères" title="repères" width="300" height="269" class="alignnone size-medium wp-image-542" /></p>
<p>Un cadeau, pour ceux qui s&#8217;intéressent de près ou de loin à la recherche documentaire en ligne. Lisez ce petit guide, disponible en papier, disponible sous <a href="http://repere.enssib.fr/">Issuu et PDF</a>. La bible publiée par l&#8217;Enssib s&#8217;intitule Repère et ça lui va si bien. C&#8217;est la cinquièe édition. Elle date de septembre 2009 pour le papier, les liens ont été vérifiés en juin 2009, et la biblio également mise à jour.</p>
<p>Entre autres excellents articles, ceux de Ghislaine Chartron, d&#8217;Elisabeth Noël, d&#8217;Evelyne Broudoux, d&#8217;Olivier Ertzscheid, de Bernard Pochet. Mais on peut tout lire&#8230; Petit livrel indispensable.</p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/amontour.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/amontour.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/amontour.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/amontour.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/amontour.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/amontour.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/amontour.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/amontour.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/amontour.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/amontour.wordpress.com/270/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=amontour.wordpress.com&blog=2043729&post=270&subd=amontour&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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